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Economie

L'or noir en Algerie

Publié le 25/05/2009 à 20:34 par chlef
L'or noir en Algerie

 

L'or noir: un enjeu stratégique

Au niveau mondial, Washington veut garder le contrôle sur les hydrocarbures. En Méditerranée, l'Algérie est un pays-clef de cette stratégie.

Entretien avec Bernard Ravenel *
Propos recueillis par G. Delaunoy, vivant univers, nov-déc. 2008  

V.U.: En Algérie, qui a 1a maîtrise sur les hydrocarbures ?

B.R.: Les militaires ont eu les pleins pouvoirs, au moins jusqu'en 1990 et les ont récupérés après le coup d'Etat de 1991. La relation a toujours été très étroite entre le patron de Sonatrach (1), la Présidence et l'armée. Nazzim Zouioueche, actuel PDG de Sonatrach a été et reste très proche du président Zéroual, lui même promu "président du haut Conseil de l'énergie".

A ce jour, il faut étudier attentivement l'impact de la loi de 1986, amendée en 1991, qui a ouvert le champ aux compagnies étrangères pour des contrats de partage de production, en principe pour les nouvelles découvertes. On a même dit qu'elle réintroduisait la méthode des concessions, allant jusqu'à permettre à des compagnies étrangères d'avoir le contrôle sur des pans du territoire algérien. Quel sera alors le niveau de contrôle futur du pouvoir algérien sur les gisements ?

L'ouverture de Sonatrach aux investissements étrangers aiguise donc les appétits comme le confirmait, en mai 1996 Richard Jackson, directeur des Affaires égyptiennes et nord-africaines au Département d'Etat, à Washington: .. En 1994, l'Algérie est le pays qui a eu les plus importantes découvertes de pétrole dans le monde. Pour la fin de ce siècle, Sonatrach aura un budget d'environ 18 milliards de dollars. Nous en voulons une part. "(2)

V.U.: La crise politique que traverse l'Algérie peut-elle luifaire perdre 1e contrôle sur ses hydrocarbures ?

B.R.: Sonatrach entre dans le système mondialisé et il y a une pression énorme des Etats-Unis pour la "désétatiser". De plus, Washington soutient les compagnies américaines qui tentent d'imposer leurs conditions politiques et économiques à l'Etat algérien affaibli, financièrement et politiquement. Mais il est bien évident que les militaires sont hostiles à tout processus de privatisation qui réduirait leurs capacités de contrôle sur la distribution de la rente. Signalons aussi que la chute des cours des hydrocarbures accroît véritablement les tensions au sein du pouvoir algérien dans la mesure où la diminution de la rente, ajoutée aux incertitudes sur l'avenir politique, intensifie la bataille et les rivalités pour le contrôle même de cette rente.

V.U.: Economiquement, quels sont les pays les plusprésents en Algérie ?

B.R.: Pour des raisons historiques évidentes, la France a gardé la plus grande capacité de pouvoirau niveau des lobbies dans le commerce extérieur (pharmacie pièces détachées, importation de nourriture, etc), ainsi que dans les secteurs de la police et de l'armement. Les réseaux franco-algériens sont donc très importants et le soutien de Paris à Alger a été déterminant, depuis 1992. En même temps, face aux grandes compagnies comme Elf et Total, on constate un affaiblissement de l'Etat français dans sa capacité d'intervention sur la politique pétrolière dès lors que sa part de capitaux est devenue négligeable.

Les Etats-Unis sont le deuxième acteur en pleine expansion. Ils sont en train d'établir une espèce d'hégémonie en Méditerranée et peuvent décider du sort de chacun sans qu'aucune protestation ne soit possible, de la part des autorités et de l'opposition algériennes. Les islamistes algériens ne se prononcent pas non plus contre les Etats-Unis, vu les liens qu'ils entretiennent avec l'Arabie saoudite. Le FFS (Front des Forces socialistes) espère beaucoup d'une médiation de Washington dans la crise algérienne.

De plus, il y a trois ou quatre ans, par le biais du FMI, les Etats-Unis ont accepté le rééchelonnement de la dette algérienne àcondition qu'Alger démantèle son réacteur nucléaire de Ain Oussra, construit avec l'aide de la Chine. Les Algériens ont obtempéré.

V.U.: Que11e est 1a stratégie des Etats-Unis ?

B.R.: Au niveau mondial, depuis la guerre du Golfe, leur stratégie est de garder le leadership sur l'approvisionnement en hydrocarbures dont ils dépendent à 50%.

Au niveau européen, les Etats-Unis veulent aussi s'assurer du contrôle des hydrocarbures par le biais de l'Algérie tant au point de vue de la distribution que de l'approvisionnement. L'Algérie, pays majeur en bordure méditerranéenne, est donc devenue un élément clef des Etats-Unis pour le contrôle de la Méditerranée qui est elle-même un lieu de transit du pétrole destiné à ce pays.

Un des acteurs qui aident au contrôle du marché gazier est la compagnie BP (British Petroleum), qui a une stratégie anglo-saxonne et qui contrôle en partie le gaz en mer du Nord. Récemment, BP a établi des contacts pour contrôler le gaz algérien qui serait vendu à l'Europe. Par ricochet les Américains contrôleront donc aussi les approvisionnements en Europe, sans oublier toute la stratégie mise en place en mer Caspienne.

A noter également un rapprochement entre l'Otan et l'Algérie, sous l'égide des Américains. Alger se voit donc prise en étau par les Américains aux points de vue politique, économique, stratogico-militaire et technique.

V.U.: L'intérêt américain pour 1e Maghreb a donc poussé Washington à intervenir dans la médiation de paix au Sahara occidental ?

B.R.: Oui, si leSahara occidental est déstabilisé, cela peut entraîner des répercussions sur le Sahara dans son ensemble. Or ce désert est riche en phosphates, en uranium et en pétrole. Une partie de ce désert a des débouchés sur l'Atlantique. Les Etats-Unis ont intérêt à avoir une voie d'acheminement et d'approvisionnement qui contournerait l'Algérie. Il est donc impératif de mettre fin à la crise au Sahara occidental par le biais d'un compromis entre l'Algérie et le Maroc dont les Etats-Unis seraient le tuteur, même si cet accord de paix se fait sous les auspices des Nations unies. James Baker, ancien secrétaire d'Etat, a été nommé représentant spécial onusien dans la région; ce choix est très significatif: M. Baker est Texan et redoutable connaisseur du secteur pétrolier !

V.U.: Alger est accusée de surprotéger les zones d'hydrocarbures `"utiles" et d'abandonner les autres régions, considérées comme "non rentables". Partagez-vous ce point de vue ?

B.R.: Rappelons d'abord que le territoire est difficile à contrôler. Pendant la colonisation, I'armée française a échoué aussi.

Ensuite, il y a le choix des pays du Nord et de leurs complices du Sud, qui privilégient les régions intéressantes et abandonnent les autres. Il est difficile d'évaluer dans quelle mesure le pouvoir algérien participe consciemment à cette stratégie. Toutefois, la tendance à l'abandon des régions inintéressantes d'un point de vue économique est un choix fait en partie par l'armée, qui a décidé de protéger les régions d'hydrocarbures utiles, notamment, et d'abandonner sciemment le reste du territoire, y compris des casernes. Le calcul était simple

l'armée pensait que les exactions commises par les groupes armés dans ces régions abandonnées provoqueraient une réaction très violente de la population qui se détacherait politiquement des islamistes et se rallierait au pouvoir.

Or, il semble que cette stratégie politico-militaire ait partiellement échoué car l'armée a perdu son monopole au bénéfice des milices et des groupes d'autodéfense qui ont privatisé la guerre. De ce fait, l'armée a dû finalement reconnaître son incapacité à contrôler l'ensemble du territoire, ce qui constitue pour elle un échec militaire considérable. Echec politique aussi car la population ne s'est pas retournée contre les groupes islamistes pour rallier spontanément l'armée ou les groupes d'autodéfense. Troisième échec, enfin le contrôle même de l'armée sur les zones de sécurité n'est pas total puisqu'il y a eu des attaques de commandos à Arzew et Tiaret. Le pipeline italien, qui passe près de la frontière tunisienne, a été saboté également.

Les compagnies internationales emploient des troupes étrangères pour se protéger. C'est le cas des Français qui ont recours à des ex-mercenaires sud-africains. Les techniciens français travaillant dans les zones d'hydrocarbures logent en Tunisie et prennent chaque jour l'hélicoptère pour arriver sur leur chantier. Il y a de moins en moins de volontaires... Les Etats-Unis aussi font contrôler leurs installations par des troupes de nationalités très variées.

La stratégie initiée par l'armée algérienne semble donc en partie lui échapper. Séparer la sécurité des installations d'hydrocarbures de l'ensemble de la sécurité du territoire mène à l'impasse politique. Les Etats-Unis et la France commencent à s'en apercevoir.

V.U.: Depuis des années, Alger parle de 'terrorisme résidue1l', et affirme maitriser 1a situation sécuritaire. Or, les massacres se multiplient et 1a stabilisation est loin d'être garantie. L'armée a t-elle intérêt à entretenir un certain niveau de violence pour justifier son maintien ?

B.R.: Le pouvoir ne peut pas se lancer dans une logique de stabilisation politico-militaire durable car si une transition politique permet une certaine démocratie avec les institutions ad hoc (parlement, etc), elle remettra en cause une partie du pouvoir de l'armée.

Ensuite, s'il y a un rétablissement apparent de la sécurité, le maintien de l'état d'urgence et d'une armée de style répressif se justifiera-t-il encore ? Les militaires ont donc intérêt à maintenir une situation d'insécurité pour démontrer la nécessité de leur intervention. On peut même penser qu'il y a un élément tactique dans la non-intervention de l'armée lors des massacres collectifs en 1997 "Sans nous voilà à quoi on aboutit... "

D'autre part, le pouvoir algérien s'est lancé dans la liquidation du secteur public avec à la clef une aggravation de la crise sociale et du chômage. Or, on peut imaginer que ce pouvoir a intérêt au maintien d'un certain niveau de violence endémique et éventuellement aveugle pour paralyser la société civile qui aurait tendance à s'inquiéter des conséquences sociales de la restructuration. La société, alors mal informée face à ces violences, ressentira comme une nécessité le maintien d'un Etat fort fondé sur le pouvoir de l' armée.

Il y a donc contradiction entre les intérêts du pouvoir algérien et ceux des compagnies étrangères qui préfèrent une stabilisation politique. A terme, cela risque d'être lourd de conséquences.

Présidentielle anticipée

V.U.: Contre toute attente, 1e président Zéroual a annoncéune élection présidentiell1e anticipée, avant février 1999, à laquelle il ne participera pas. Les observateurs évoquent .. un coupd'Etat de cour'l,arguant quec'est 1e généra1Lamari, chef d'état-major, qui a forcé Liamine Zéroual à 1a démission. Quelle est votre analyse ?

B.R.: Pour la première fois, on assiste àune rupture à l'intérieur du système politico-militaire algérien car les généraux n'ont pas pu trouver un compromis entre eux ni une formule d'arbitrage. Le départ anticipé de M. Zéroual s'explique notamment par l'article publié dans Demain l'Algérie où le général Betchine, directeur de cabinet de la Présidence et propriétaire de ce journal, accuse le général Larbi Belkheir, ex-ministre de l'intérieur, d'avoir créé des escadrons de la mort. Cette révélation a été considérée comme une trahison au sein de l'état-major.

Jusqu'à présent, l'armée réalisait le consensus autour d'une priorité vaincre l'ennemi commun, à savoir l'islamisme armé, ce qui est chose faite. Maintenant les clans du pouvoir se retrouvent face à

face et la guerre se déroule entre eux. D'un côté, il y a le clan Zéroual-Betchine qui base sa légitimité sur sa victoire électorale remportée grâce à son parti, le Rassemblement national démocratique (RND) et ses milices. De l'autre, il y a le clan des généraux Lamari et Médiène, partisans de la force armée.

Cette crise-ci est préoccupante car elle crée un vide institutionnel et implique que l'Algérie ne sera pas gérée pendant plusieurs mois. Or, la situation sociale est désespérante et des échéances économico-financières, aggravées par la chute des cours du pétrole, doivent bientôt être renégociées avec le FMI.

Quelle est l'issue? On peut imaginer que les deux clans vont cristalliser leur affrontement sur le choix du candidat à

l'élection et que ces événements ne les inciteront pas à entrer dans une logique d'ouverture démocratique. Or, les Etats-Unis souhaitaient que se réalise autour de M. Zéroual une ouverture politique, progressivement imposée à l'autre clan. Le scénario semble se présenter différemment et Washington n'appréciera pas que ses "amis algériens " soient « liquidés politiquement ».

V.U.: Jusqu'où les Etats-Unis accepteront-ils une ouverture politique en Algérie ?

B.R.: Washington ne souhaite pas le renforcement d'une logique dictatoriale, de même qu'elle ne souhaite pas non plus une démocratie réelle car elle redoute l'effet de «contagion>' pour les régimes arabes amis dans la région.

Dans le cas algérien, une démocratie réelle supposerait que le parlement soit reconnu pleinement dans son rôle de pouvoir législatif. Mais cela impliquerait l'ouverture d'un débat et d'un contrôle publics sur l'utilisation et la redistribution des recettes des hydrocarbures, ce dont les Etats-Unis ne veulent pas. A terme, Washington préférerait un accord entre une partie du régime et les courants islamistes, le tout « couvert >> par des démocrates auxquels on laisserait un peu de latitude...

V.U.: Comment les pays arabesanalysent-ilsla crise algérienne ?

B.R.: L'expérience des premières législatives libres et multipartites algériennes de 1991 a provoqué de grands espoirs au sein des populations du Maghreb et d'Egypte, aussi. Mais elle a laissé de très mauvais souvenirs aux gouvernements des pays arabes!

En effet, dans ces pays, les mouvements islamistes, extrêmement hétérogènes, ont également exprimé une forme d'aspiration démocratique. Par ailleurs, c'était la première fois qu'un scrutin se tenait dans un pays arabe sans qu'on en connaisse les résultats à l'avance. C'est peu dire que les régimes arabes ont été satisfaits de l'annulation du processus électoral algérien, en 1992. A l'exception remarquable du Maroc, qui vit actuellement un processus complexe de libéralisation ou de démocratisation.

On peut donc avancer que les Etats arabes ont intérêt à voir la prolongation de la crise algérienne car non seulement elle sert de repoussoir, mais elle légitime aussi davantage leur pouvoir et leur volonté de ne pas faire de concessions aux mouvements islamistes. A cet égard, il est intéressant de voir comment la presse occidentale et arabe évoque les mouvements islamistes. Elle ne parle que des mouvements extrémistes ou terroristes, mais ne donne presque jamais la parole à la mouvance non violente qui a un discours assez sophistiqué sur les perspectives du monde arabe.

En attendant, la poussée démocratique se maintient en Algérie. Le gouvernement a été obligé d'accepter un certain type de réplique à la plate-forme de Rome, à savoir un certain pluralisme des partis et de la presse, même si la censure existe encore. En dépit de l'état d'urgence, des manipulations, de la répression et de la violence, il y a donc une pression démocratique réelle qui se poursuit et qui oblige Alger à tolérer un taux de démocratie minimal, qui est déjà au-delà de ce qui est accepté dans beaucoup de pays arabes.

 

* Bernard Ravenel est écrivain et membre du Comité de rédaction de la revue Confluences Méditerranée. 1- Sonatrach: Société nationale de Recherche, d'Activité et de Commercialisation en Hydrocarbures.

2- In revue Damaclès: «« Europe-Maghreb, vers une frontière armée ?'', N°74 & 75, Lyon, 3ème et 4ème trimestres 1997.

L'affaire de la dette algérienne devant la justice russe

Publié le 23/05/2009 à 02:59 par chlef
L'affaire de la dette algérienne devant la justice russe
Un ex-vice-ministre des Finances inculpé : L'affaire de la dette algérienne devant la justice russe

par HOUARI Kaddour

La dette algérienne envers l'ex-Urss, estimée à 4,7 milliards de dollars, a été soldée en 2006 dans le cadre d'un contrat d'armement de 7 milliards de dollars. Cela a l'avantage de la clarté d'un arrangement exclusif entre Etats. Dans les années 90, on avait initié la procédure de remboursement de la dette algérienne sous formes de marchandises. Ni la Russie, ni l'Algérie, n'étant des modèles de transparence, cette forme de remboursement a permis l'entrée en ligne d'acteurs privés russes et algériens dans la gestion du remboursement de la dette. Il n'y a pas eu en Algérie d'affaire judiciaire sous cette question de la «dette russe», même si elle a été évoquée, de manière assez confuse, dans l'affaire Troudi. Des rumeurs ont largement couru sur la «dette russe», mais il n'y a pas eu «d'affaire» en Algérie. On s'est quand même rendu compte que nous n'avons pas beaucoup de «marchandises» à offrir à la Russie en contrepartie de la dette.

En Russie, où l'on parle de «dette algérienne», l'affaire a rattrapé de manière spectaculaire, le 15 novembre 2007, le vice-ministre des Finances, Sergueï Stortchak. Il a été arrêté et placé en détention préventive sous l'accusation d'avoir tenté de détourner 43 millions de dollars. A l'époque, des journaux russes avaient vu dans l'arrestation, l'expression de luttes de pouvoir dans les coulisses du Kremlin.



Dette contre marchandises

 

Outre Sergueï Stortchak, deux autres personnalités russes étaient mises en cause, Vadim Volkov, président du Conseil des directeurs de la Banque interrégionale d'investissement (AKB MIB), et Viktor Zakharov, directeur de la compagnie Sodexim, cliente de la banque.

Une source judiciaire avait indiqué à l'époque que l'affaire était liée à la dette et au « au fait que jusqu'à 30 % des fonds disparaissaient (...) Stortchak a été arrêté parce qu'il signait tous (les documents liés à la dette). Un certain nombre de banques sont impliquées, ainsi que des personnes au sein de l'administration gouvernementale ». Stortchak a été constamment défendu par son supérieur hiérarchique, le ministre des Finances, Alexeï Koudrine.

C'est donc autour de la Sodexim, une société russe, qui a mis à profit un accord conclu en décembre 92 entre l'Algérie et la Russie, pour le règlement de 1,2 milliard de dettes sous forme de marchandises. La Sodexim a acheté en 1996 pour 26 millions de dollars de dette algérienne. Elle obtenait de ce fait le droit de vendre des produits algériens en Russie et à l'étranger. Avec l'apurement de la dette en 2006, la Sodexim a demandé et obtenu la restitution de ses fonds majorés d'intérêts, soit 43,4 millions de dollars.



«Bons économistes et bons détourneurs de fonds...»



L'accusation estime que Sodexim n'était pas fondé à réclamer et obtenir la restitution de cette somme, ce qui est contesté par Stortchak. Pour l'accusation, il s'agit d'une machination en groupe organisé autour de la Sodexim, société intermédiaire chargée de gérer le règlement de la dette de l'Algérie envers l'ex-URSS, pour détourner des fonds.

Jeudi, le vice-ministre Sergueï Stortchak et deux de ses complices présumés se sont vus présenter leur mandat d'accusation définitif. Le Comité d'instruction du Parquet de Russie a indiqué dans un communiqué que le «vice-ministre des Finances, Sergueï Stortchak, l'ancien vice-ministre des Finances, Vadim Volkov, et Viktor Sakharov, sont accusés en vertu des articles du Code pénal ayant trait à la tentative d'escroquerie».

L'accusation, grave, «d'abus de pouvoir» contre Sergueï Stortchak, n'est plus retenue. En février dernier, le président du Comité d'enquête auprès du Parquet général de Russie, Alexandre Bastrykine, avait maintenu les accusations. «On peut dire sans exagération que ces dernières années, les meilleurs financiers et économistes du pays ont planifié et organisé des détournements importants de fonds publics. Il s'agit, entre autres, de l'ancien et de l'actuel vice-ministres des Finances».


La grande corruption se perpétue en Algérie

Publié le 22/05/2009 à 03:18 par chlef

 

Selon le rapport annuel de transparency international La grande corruption se perpétue en Algérie L?€™Algérie demeure rongée par un haut niveau de corruption. L?€™Indice 2006 de perception de la corruption (IPC), établi chaque année par Transparency International (TI) et rendu public hier à Berlin et à travers le monde entier, lui a accordé la note de 3,1 sur 10. Celle-ci n?€™est certes pas la plus mauvaise puisqu?€™elle reflète quand même une légère évolution avec 0,3 point gagné par rapport à 2005 et 0,5 par rapport à 2003. Comme elle a permis à l?€™Algérie de sortir du carré noir des pays les plus corrompus au monde, sachant qu?€™avoir une note inférieure à 3 signifie, pour les personnes chargées de l?€™élaboration de l?€™IPC, l?€™existence d?€™un niveau de corruption extrêmement élevé. Sur 163 pays, l?€™Algérie est classée à la 84e place. Elle partage cette mauvaise position avec le Madagascar, la Mauritanie, le Panama, la Roumanie et le Sri Lanka. Si elle a surclassé la Syrie (93e), l?€™Ukraine (99e), l?€™Iran (105e), la Libye (105e), la Russie (121e) et le Nigeria (142e), l?€™Algérie se trouve toujours derrière des pays comme le Botswana (37e), la Tunisie (51e), la Namibie (55e), la Thaïlande (63e), le Liban (63e), l?€™Egypte (70e) et le Ghana (70e). L?€™Algérie était classée, l?€™année dernière, à la 97e place. L?€™Association algérienne de lutte contre la corruption (AACC), qui abrite la section algérienne de TI, estime que ce score reste négatif et confirme l?€™existence « d?€™un très haut niveau de corruption ». Dans une conférence de presse tenue hier à la maison de la presse Tahar Djaout, à Alger, Djilali Hedjadj, président de l?€™AACC, a bien souligné que « les trois points sur dix gagnés ne sont pas significatifs d?€™une amélioration dans la lutte contre la corruption, encore moins d?€™une volonté politique effective sur le terrain ». Pour le conférencier, cela traduirait plutôt « l?€™engagement de l?€™Algérie en matière de ratification des conventions des Nations unies et de l?€™Union africaine contre la corruption ». Mais même cet engagement n?€™a pas été traduit « par une transposition en droit interne conforme à ces conventions », précisera-t-il encore. Pour lui, la loi de la lutte contre la corruption, approuvée en février 2006 par le Parlement, « est désastreuse » du point de vue qu?€™elle ne contient aucune disposition contraignante quant à la déclaration de patrimoine. En plus de manifester des insuffisances, notamment en matière de contrôle des marchés publics, de la protection des « dénonciateurs ». Le président de l?€™AACC se dit « étonné » qu?€™« au moment où plus de 100 milliards de dollars ont été mis sur le marché, on constate l?€™absence inquiétante d?€™organismes de contrôle de cet argent ». Selon lui, les organismes existants sont actuellement soit « grippés », tels que la cour des comptes, soit « déstabilisés sous l?€™effet de la pression », comme l?€™Inspection générale des finances (l?€™IGF). D?€™après lui, un tel vide a ouvert la voie aux corrupteurs et aux corrompus afin d?€™étendre leurs activités. Outre ce fait, la nature, souvent urgente, de nombreux projets titanesques à réaliser, conjuguée aux pressions du président Bouteflika quant à la nécessité de respecter, voire écourter, au maximum les délais de réalisation, ont ouvert la voie du gré à gré aux organismes en charge de ces projets, sous le prétexte que les procédures réglementaires font perdre beaucoup de temps. Pour le président l?€™AACC, le fait que l?€™Algérie ait très peu de relations et un volume des échanges commerciaux dérisoire avec les dix pays les moins corrompus renseigne on ne peut mieux sur l?€™ampleur de la corruption. En effet, les six principaux partenaires de l?€™Algérie sont mal classés. L?€™Allemagne, la mieux classée, se trouve à la 16e place, la France 18e, les Etats-Unis 20e, l?€™Espagne 23e, l?€™Italie 45e et la Chine 70e. L?€™affaire de la société mixte algéro-américaine, Brown Root et Condor (BRD), qui concerne la surfacturation et la surévaluation de certains marchés, dont elle a bénéficié, est, pour Djilali Hedjadj, une preuve on ne peut mieux du niveau très élevé de la corruption en Algérie. Cela sans oublier les énormes scandales et les détournements au niveau des banques. Le président de l?€™AACC n?€™a pas hésité à citer d?€™autres exemples de corruption comme le nouvel hôpital d?€™Oran sur lequel il avait préparé un dossier qui devait être publié dans le rapport annuel de TI, mais pour avoir reçu de « sérieuses menaces », M. Hedjadj a décidé de le retirer. Aussi, le conférencier a évoqué ce qu?€™il appelle « la culture de l?€™infructuosité » des appels d?€™offres qui est, selon lui, « un véritable lit de gré à gré ». Le phénomène de la corruption a également gangrené le secteur de la santé. M. Hedjadj a cité l?€™exemple de l?€™importation des médicaments. « En 2005, l?€™importation des médicaments s?€™est élevée à 1,2 milliard de dollars, alors que selon un rapport de l?€™OMS, 300 millions de dollars suffisaient pour couvrir les besoins des Algériens en la matière », a-t-il indiqué comme pour dire qu?€™il y a anguille sous roche. Mais il estime, lui qui est également médecin de formation, que cette situation a été favorisée par l?€™absence d?€™une « politique pharmaceutique ». La santé n?€™est, cependant, pas le secteur le plus corrompu en Algérie, selon le rapport de TI, les secteurs des travaux publics, du bâtiment, de l?€™eau, du transport et de la défense nationale le sont aussi. Insistant sur ce dernier, le président de l?€™AACC a noté que l?€™Algérie a dépensé, ces trente dernières années, 20 milliards de dollars dans l?€™importation de l?€™armement, le dernier contrat de 7,5 milliards de dollars avec les Russes inclus. Il estime, par ailleurs, que la lutte contre ce fléau, qui ronge notre économie et notre société, nécessite « une grande mobilisation de la société civile » en conjuguant les efforts avec les secteurs économiques publics et privés et les pouvoirs publics. Il a également relevé le rôle de la presse dans cette entreprise. Dans ce contexte, le conférencier trouve « scandaleuse » la condamnation du quotidien arabophone Echourouk dans le procès intenté par le guide libyen, Mouammar Kadhafi.

voila ce que croit L’Egypte avec les NAZIES d'Israël... mais c est faut par HOUARI KADDOUR

Publié le 02/01/2009 à 12:00 par chlef
voila  ce que croit L’Egypte avec les NAZIES d'Israël... mais c est faut par HOUARI KADDOUR

voila ce que croit L’Egypte avec les NAZIES d'Israël... mais c est faut par HOUARI KADDOUR



L’Egypte signe un accord économique historique avec les NAZIES d'Israël...

... et espère provoquer un réchauffement des relations arabo-israélien

L’Egypte, les NAZIES d'Israël... et les Etats-Unis ont signé mardi un accord de partenariat économique et industriel historique. Celui-ci établit des zones industrielles qualifiées, en Egypte, dont les produits pourront accéder au marché américain sans quota ni droits de douane. Plus que dans le domaine économique, les trois pays signataires espèrent que cet accord permettra un réchauffement général des relations israëlo-arabes au Proche-Orient


a paix au Proche-Orient passe-t-elle, comme dans l’Europe de l’après seconde Guerre mondiale, par des accords commerciaux, plus que politiques ? L’Egypte, les NAZIES d'Israël... et les Etats-Unis ont paraphé mardi, au Caire, un accord de partenariat économique et industriel jugé historique par ses signataires : Rachid Mohammed Rachid, ministre égyptien du Commerce et de l’Industrie, son homologue israélien, Ehoud Olmert, et le représentant américain pour le Commerce, Robert B. Zoellick. L’accord prévoit l’établissement en Egypte de sept zones industrielles qualifiées (ZIQ), notamment dans les régions du Caire, d’Alexandrie et du Canal de Suez. Les produits réalisés dans ces zones auront un accès au marché américain sans quota ni droits de douane. Seule condition, ils devront être constitués d’au moins 11,7% de composants israéliens. Le même type de ZIQ a déjà été réalisé entre Israël et la Jordanie en 1996. Il devrait porter les échanges commerciaux israélo-égyptiens de 44 millions à 70 millions de dollars par an.

Les industriels égyptiens du textile ravis

Les principaux bénéficiaires de cet accord risquent d’être, en Egypte, les industriels du textile. Les principales ressources économiques de ce pays d’Afrique du Nord sont le pétrole, les métaux et le tourisme. Mais les autorités cherchent de plus en plus à diversifier ses sources de revenu, notamment en exploitant le domaine du textile. D’autant plus que les abords du Nil assurent une importante production de coton. Or, l’abrogation des accords multifibres sur le textile, à partir du 1er janvier prochain, vont entraîner aux Etats-Unis la suppression des droits des quotas d’entrée des produits du textile-habillement.

Cette mesure a d’ailleurs poussé l’Egypte, qui traînait les pieds pour signer cet accord avec Israël, à se décider. D’autant plus que les Etats-Unis refusaient de poursuivre les négociations avec le Caire sur la création d’une zone de libre échange, tant que l’accord sur les ZIQ n’était pas signé avec Israël. Les Etats-Unis sont actuellement le premier client et le deuxième fournisseur de l’Egypte, avec en 2003 1,14 milliard de dollars d’exportations (essentiellement du pétrole) sur le marché américain et 2,66 milliards d’importations. Suivent l’Union européenne et le Japon.

La paix par l’économie

« C’est un bon accord commercial pour nous, mais, plus important encore, il réalise le rêve de voir changer l’atmosphère au Proche-Orient », a déclaré Ehud Olmert à l’issue de la cérémonie de signature. Et « nous pouvons avoir grande confiance dans la continuité et la stabilité des relations entre l’Égypte et Israël. » Cet accord est « une étape importante vers la consolidation de nos relations », qui « contribuera positivement à la prospérité régionale et à la réalisation d’une paix juste et globale au Proche-Orient », lui a répondu Robert B. Zoellick.

Les relations israëlo-égyptiennes s’étaient sensiblement réchauffées, ces derniers mois, avec la libération par l’Egypte d’Azzam Azzam, un prisonnier druze israélien soupçonné d’espionnage, geste auquel l’Etat hébreu avait répondu par la libération de six étudiants égyptiens soupçonnés d’avoir préparé des attentats. L’Egypte a été, en 1979, le premier pays arabe à signer un accord de paix avec Israël, mais celui-ci ne s’était guère traduit dans des gestes concrets. Le Caire a même rappelé son ambassadeur à tel-Aviv, en 2000, au début de la seconde Intifada. De nombreux observateurs estiment que la signature de l’accord économique entre les deux pays pourrait être bientôt suivi de la nomination d’un nouvel ambassadeur égyptien en les NAZIES d'Israël...


Commentaire

EGYPTE a vendez les arabes et surtout les palestiens par quelques muettes des dollars par HOUARI KADDOUR


Quelle perception dans le champ social apres la Crise mondiale en algerie

Publié le 18/12/2008 à 12:00 par chlef
 Quelle perception dans le champ social apres la Crise mondiale  en algerie
Crise mondiale : Quelle perception dans le champ social



Economie

En Algérie, la crise mondiale continue d’être appréhendée essentiellement dans ses répercussions financières et économiques sous un angle d’ailleurs généralement technique.
Ainsi et du point de vue matériel, les points d’impact de la crise sont ciblés quasi simultanément en rapport avec le montant de nos réserves de change, les tendances du prix du baril de pétrole et la capacité de l’Etat à maintenir les importations à un niveau compatible avec les besoins du pays.
Sur le plan formel, le discours sur la crise, qui nourrit en même temps le débat sur les problématiques qu’il est censé soulever, implique pour l’heure principalement les institutions publiques en prise directe avec les finances, le commerce extérieur et la politique énergétique, mais accessoirement aussi des experts, des économistes, des représentants d’organisations patronales et d’anciens responsables politiques.
Les institutions de l’Etat (ministère des Finances, Banque d’Algérie, ministère de l’Energie et des Mines…) ont fait connaître leur position à ce sujet et en actualisent la teneur au fur et à mesure des évolutions de la conjoncture.
Sur le plan décisionnel, seule l’installation, au sein du ministère des Finances, d’une commission de suivi de la crise a été, à ce jour, enregistrée et considérée comme une disposition concrète engagée par les autorités.
Cette mesure constitue un dispositif autonome contrairement à d’autres mécanismes comme, par exemple, ceux de la politique pétrolière qui sont déterminés soit dans un cadre organique concerté (OPEP) pour ce qui touche aux orientations relatives aux quotas de production, soit par le marché pour ce qui a trait aux prix.
Sur le plan analytique, les pronostics avancés par certains économistes quant à un arbitrage éventuel de l’Etat dans le choix des investissements appelés à être différés ou reconsidérés sont contredits par d’autres intervenants qui estiment que les projets inscrits au titre des programmes de développement ne devraient pas subir de changements notables, ce que le dernier Conseil des ministres a du reste confirmé.
Sur un plan méthodologique, on peut considérer comme probable le fait qu’une poursuite de la tendance baissière du prix du baril de pétrole donne lieu à une accélération des processus visant à l’élaboration d’instruments techniques opératoires plus efficients, plus tangibles en vue d’amortir les conséquences de la crise. Les éléments actuels et prévisionnels de cette démarche sont définis et structurés quasi exclusivement par l’Etat, leur conception, leur mise en œuvre et leur supervision n’étant apparemment pas fondamentalement influencées par les avis divergents exprimés ici et là par les spécialistes.
Le constat établi en la matière met en exergue le primat de l’action de l’Etat dans l’élaboration de toute solution à la crise, légitimant par là même la nécessité pour le citoyen de s’en remettre à la puissance publique pour la préservation de ses acquis et la réalisation de ses aspirations. Ce rapport de subordination rend-il pour autant dérisoire et sans intérêt la question de savoir précisément si, en Algérie, la crise est perçue dans le champ social uniquement par ce biais ? On ne dispose à cet égard d’aucune source documentaire (enquête d’opinion, étude spécifique…) susceptible d’être prise en compte pour le décryptage du regard que la crise suscite au sein de la société.
Prise de conscience
Dans la plupart des pays émergents, comme dans les pays avancés, la dimension sociale de la crise est certes traitée dans ses incidences sur le pouvoir d’achat, mais elle conduit en même temps les analystes à s’en servir pour prospecter et théoriser d’autres voies intéressant les mutations des rapports sociaux dans la sphère économique. Dans cette optique, les questionnements se font nombreux et critiques autour de diverses activités (crédits, marchés boursiers, gestion budgétaire…), relativisant la confiance qu’elles inspirent mais incitant à la rénovation de leur régulation par les autorités.
La mondialisation aussi est désormais perçue autrement, et l’idée que les solutions durables à la crise passent impérativement par des concertations et des dispositifs internationaux est mieux admise même si des mesures à l’échelle nationale sont jugées indispensables. La sauvegarde d’intérêts catégoriels eux-mêmes articulés autour d’intérêts individuels pour la préservation de l’emploi et d’autres acquis de même nature n’est donc plus la seule préoccupation de la société même si elle reste prioritaire.
Ces observations sont-elles extrapolables à notre pays où, comme ailleurs, tout en révélant les déficiences de la gouvernance, la crise influe inévitablement sur l’individu dans ses fonctions sociale, économique et citoyenne ?
La prise de conscience collective que traduiraient des revendications de justice sociale n’est pas qu’un élément de plus à verser dans un débat considéré par beaucoup comme excessivement technique et cloisonné. Elle devrait tendre à faire jouer un rôle actif à la société civile dans le traitement des problèmes qui conditionnent le devenir de la nation, particulièrement en période de difficultés et de remises en cause économiques, comme c’est le cas actuellement.
Cette mobilisation souhaitée dans un contexte où l’inertie ne fait qu’aggraver les choses renvoie à la notion de contrat social périodiquement évoquée dans les milieux économiques et politiques comme une exigence à satisfaire pour une évolution qualitative de la relation Etat-société.

Source: Le Jeune Indépendant

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Le capitalisme financier est en crise

Publié le 18/12/2008 à 12:00 par chlef
Le capitalisme financier est en crise
Le capitalisme financier est en crise. Une crise sérieuse, profonde, systémique. L’affaire des subprimes, ces crédits immobiliers hypothécaires consentis par les banques américaines à des ménages non solvables, doit être analysée pour ce qu’elle est, c’est-à-dire un simple révélateur des dérives d’un système financier capitaliste qui est devenu fou. Et le qualificatif n’est pas trop fort.


A l’origine de la crise, il y a la politique monétaire accommodante de la FED (banque centrale américaine) qui a abaissé les taux d’intérêts et adopté une facilité d’octroi des crédits à la consommation. Les banques américaines, encouragées par l’expansion de l’immobilier et cette facilité d’obtenir des liquidités, ont développé une stratégie de crédits immobiliers hypothécaires peu regardante sur la solvabilité des emprunteurs, assurées qu’elles étaient de pouvoir revendre les logements financés en cas d’impossibilité des ménages de rembourser les prêts consentis. La bulle immobilière éclate, les prix des logements baissent et les banques ne peuvent plus récupérer leurs prêts. Mais nous avons observé en début de raisonnement que ces subprimes ne constituent pas le cœur de la crise. Ils en sont le simple révélateur.

Par quels mécanismes la crise financière est-elle arrivée ?
La mondialisation de l’économie s’est accompagnée d’une globalisation financière qui a considérablement développé la finance directe, la finance de marché. Les marchés financiers ont été décloisonnés et les opérations financières se réalisent à un plan mondial. Les banques ellesmêmes sont devenues des banques de marché vendant et achetant des titres sur les marchés financiers, «les dysfonctionnements actuels s’inscrivent dans la mutation des banques qui, d’intermédiaires financiers qu’elles étaient, sont devenues des courtiers des marchés financiers». Le mot-clé de ce capitalisme financier est la titrisation. Les créances bancaires, les actifs sont transformés en titres négociables sur les marchés et cette titrisation qui s’est accompagnée d’un développement sans précédent des innovations financières est souvent réalisée hors bilan, c’est-à-dire a été non transparente, non contrôlée. Les marchés interbancaires sont alors inondés de titres dont on ne connaît pas avec exactitude la solidité du support. Ce que l’on appelle aujourd’hui des «produits financiers toxiques» ont ainsi infesté les marchés. Lorsque la bulle immobilière éclate, les subprimes titrisés perdent de leur valeur et une panique s’empare des marchés : les investisseurs, et à leur tête les banques, se méfient les uns des autres, le marché interbancaire se bloque : les banques ne veulent plus se prêter de liquidités les unes aux autres. Les Bourses s’affolent et s’effondrent. Et la crise s’étend à tous les marchés, à toutes les banques (USA, Europe, Asie). C’est la débâcle du capitalisme financier boursier, spéculateur «cour termiste » à la recherche des gains les plus élevés et les plus rapides possibles. Cette financiarisation de l’économie déconnecte les finances de l’économie réelle et la logique capitaliste financière ignore le capitalisme entrepreneurial. Le volume des transactions consacrées à l’économie réelle ne représente environ que 2% de la totalité des échanges monétaires ! Cette crise financière mondiale annonce-t-elle la fin du capitalisme financier déréglementé, dérégulé et, avec lui, la fin du libéralisme économique, du laisser- faire, laisser-aller ? Les économistes libéraux américains et dans leur sillage les libéraux français sont sans équivoque, «il n’y a pas de crise de système.Il y a crise de confiance» ou encore : «Nous n’allons pas passer de l’anarchie à l’étatisme.» Et l’histoire du capitalisme montre en effet que l’effondrement du système a toujours été évité par une intervention de l’Etat (de type keynesienne) mais dès que la crise est passée il y a retour au «business is usual» comme disent les Américains («ne changeons rien»). Les bonnes résolutions prises au plus fort de la tempête sont vite oubliées comme «l’ivrogne qui se promet de ne plus boire lorsque sa gueule de bois est à son paroxysme et qui renoue avec la bouteille dès le soir revenu». Ainsi, ceux qui pensent que la crise financière mondiale actuelle signe le glas du capitalisme, se font des illusions et la célèbre phrase de R. Reagan «l’Etat n’est pas la solution. Il est le problème» a toujours cours, même si aujourd’hui l’Etat doit intervenir. Après tout, affirment les libéraux américains, les premiers responsables de la crise actuelle sont le Trésor américain et la FED (c’està- dire l’Etat) qui ont fermé l’œil sur l’absence de transparence dans les opérations bancaires et financières. «C’est à ceux qui ont créé la pagaille de la nettoyer. Une fois la crise passée et le système financier reconstruit, il est impératif que l’Etat restitue aux banques la totalité des parts qu’il aura pris à sa charge». Doit-on pour autant laisser «le renard libre dans un poulailler libre ?» se demandent les régulationnistes qui reconnaissent bien que le capitalisme est le meilleur système de production des richesses mais il faut le réguler, ne pas le laisser totalement libre. La recommandation est encore plus valable pour le capitalisme financier qui a connu ces dernières décennies un développement considérable. La seconde question qui se pose aujourd’hui est celle de savoir si l’on va revenir au capitalisme entrepreneurial, ce «bon» capitalisme productif de biens matériels et de services socialement et économiquement utiles, comme le souhaite le président français Nicolas Sarkozy. Pure chimère, répondent les historiens du capitalisme : les dérives de la financiarisation de l’économie doivent être jugulées mais pas sa logique devenue incontournable. C’est par la financiarisation de leurs économies que les pays capitalistes développés ont pu poursuivre l’accumulation du capital, ont pu continuer à s’enrichir. Leur croissance économique est beaucoup trop faible et en tout cas beaucoup plus faible que celle des pays émergents ces fameux BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine), où la croissance est basée effectivement sur leur rôle de producteurs de biens et où leur compétitivité dans plusieurs secteurs est supérieure à celle des anciennes nations capitalistes. Ainsi pour les Etats capitalistes, et à leur tête les Etats-Unis d’Amérique, il faut certes refonder le capitalisme financier mondial, lui trouver des règles de fonctionnement, un code de gouvernance. Mais il n’est pas question de remettre en cause la logique de financiarisation de l’économie car c’est là que le capitalisme réalise aujourd'hui l’essentiel de ses profits (on peut rappeler à ce titre que la part de la manufacture des biens dans le PIB aux USA a baissé de 32% à 13% en trente ans !). Les USA et les Etats capitalistes européens, il faut bien le comprendre, appellent à une «refondation du système financier international (ce que le Britannique Gordon Brown appelle un «nouveau Bretton Woods» et non pas refondation du capitalisme ». Cette refondation du système financier international passe par son plus grand encadrement, sa moralisation, sa transparence, sa nouvelle évaluation comptable, bref un plus grand rôle de l’Etat dans la surveillance du fonctionnement du système mais sans en altérer la logique profonde

Finance islamique, antidote à la crise financière?

Publié le 18/12/2008 à 12:00 par chlef
Finance islamique, antidote à la crise financière?
Finance islamique, antidote à la crise financière?



L’occident est sous l’emprise d’une crise financière, la pire depuis celle de 1929, ses effets commencent à se faire sentir dans l’économie réelle et la mondialisation accélère sa propagation en effet domino à travers le reste du le monde.. Les experts dénoncent “la faillite d’un système économique et financier aux contrôles défaillants et à la finalité discutable” et proclame une moralisation de l’économie de marché pour qu’elle soit “au service de l’Homme” (1).

“En réalité, et Benoît XVI nous pardonnera, au moment où nous traversons une crise financière qui balaie tous les indices de croissance sur son passage, c’est plutôt le Coran qu’il faut relire que les textes pontificaux. Car si nos banquiers, avides de rentabilité sur fonds propres, avaient respecté un tant soit peu la Charia, nous n’en serions pas là“(2) C’est avec ces mots que l’éditorialiste français, Vincent Beaufils, décrit la situation et préconise le recours à la finance islamique.

En effet, la finance islamique pourrait offrir une réelle alternative à l’actuelle économie de marché, ou du moins y être bien intégrée en tant que complément indispensable (3).

La finance islamique a fêté en 2005 ses 30 ans d’existence, durant lesquels, elle a enregistré des taux de croissance variant entre 10 et 30% en fonction des classes d’actifs. Actuellement, sa taille de marché représenterait entre 500 et 700 milliards de dollars basée essentiellement en moyen orient.

Mais qu’est ce que la finance islamique?
La finance islamique prône une économique d’éthique, elle est bâtie sur cinq piliers :

Pas de “riba” (intérêt, usure) : Les prêts d’argent doivent être dénués de profit, ce qui revient à des taux d’intérêts proches du zéro ;
Pas de “gharar” ni de “maysir” (spéculation, incertitude) : Les jeux d’argent basés sur le hasards sont prohibés de même que les transactions à visées spectatrices ;
Pas de “haram” (secteurs illicites) : Sont aussi défendus, tous les investissements dans les secteurs illicites par la Charia (Alcool, tabac, pornographie, …) ;
Obligation de partage des profits et des pertes : Que se soit entre associés ou entre banque et client, le partage des profits et des pertes est obligatoire, il se fait selon le contrat initial ou selon les apports respectifs;
principe d’asset-backing (adossement à un actif tangible) : Les transactions financière islamiques doivent avoir un lien directe avec un actif réel et tangible donc avec l’économie réelle.
Un conseil de conformité à la Charia, présent dans chaque institution financière, valide le caractère islamique d’un produit financier ou d’une transaction financière.

L’application de ces principes islamiques aurait-elle pu éviter une telle crise?
Techniquement, l’application stricte des cinq principes de la finance islamique n’aurait pas eu pour conséquence la crise des subprimes. Celle-ci est d’abord fondée sur l’octroi de crédits immobiliers à des populations risquées, du point de vue de leurs revenus, par rapport à leurs charges de remboursement, puis sur le repackaging de ces crédits de base dans des structures financières très complexes et très risquées. Les crédits hypothécaires risqués, les subprimes, et leurs dérivés extraits de structure de titrisation sont fondés sur les taux d’intérêt. Comme ces derniers sont interdits en islam, alors effectivement on n’aurait pas pu rencontrer un tel cocktail explosif dans le monde musulman. (4)

Et la fiscalité?
En réponse à certaines sources (7) qui s’interrogent sur l’imposition et les règles fiscales de ces transactions, je précise il n y a pas d’impôts à proprement dit en islam, en revanche la Zakate est l’un des 5 piliers de l’islam, c’est l’aumône obligatoire que tout musulman verse annuellement en vertu des règles de solidarité instituées par l’Islam. Tout musulman qui possède pendant toute une année lunaire la valeur du Nissâb (valeur prédéterminée en épargne, bétail, minerais ou marchandises) ou plus, doit s’acquitter d’un pourcentage prédéfini du montant total de ses biens au profit des plus pauvres de sa communauté en commençant par sa famille (à l’exception de ceux qui sont à sa charge) et ses voisins (8)

Par exemple, quelqu’un qui possède pendant toute une année une somme d’argent (argent liquide bloqué qui ne circule pas, car autrement il n’est plus imposable) équivalente à 85gr d’or (C’est le Nissab qui correspond à l’argent liquide) doit à la fin de cette année verser 2.5% de cette somme au profit des nécessiteux. (9)

La privatisation du Crédit populaire d’Algérie ne sera reprise qu’après l’évaluation de la situation

Publié le 18/12/2008 à 12:00 par chlef
La privatisation du Crédit populaire d’Algérie ne sera reprise qu’après l’évaluation de la situation
La privatisation du Crédit populaire d’Algérie ne sera reprise qu’après l’évaluation de la situation du monde de la finance touché par la crise des subprimes.

Les pouvoirs publics affichent clairement une prudence accrue quant à la privatisation du CPA. Le ministre des Finances, M. Karim Djoudi, avait indiqué mercredi dernier qu’il y a actuellement une évaluation de la situation du monde de la finance, les suites et les répercussions de la crise de l’immobilier aux Etats-Unis, « crise des subprimes », qui découlera sur la décision à prendre quant au sort du Crédit populaire d’Algérie (CPA). Le ministre a donné, comme exemple, des banques qui ont subi de plein fouet les retombées des « subprimes » en enregistrant des pertes. Karim Djoudi a ajouté que, suite à l’évaluation qui sera faite, « nous conviendrons de la démarche à adopter ». Une prudence expliquée, puisque Karim Djoudi n’était pas le seul à l’afficher. Auparavant, la ministre déléguée à la réforme financière avait également mis l’accent sur cette évaluation.

Elle avait indiqué à l’APS que, sitôt les comptes des banques pré-qualifiées publiés, « nous aurons une idée précise sur l’impact de la crise des “subprimes” sur la situation financière de ces banques et sur leur stratégie de développement en Algérie ». Une évaluation qui est perçue par la ministre comme une condition sine qua non pour « une nouvelle démarche ». La ministre a également annoncé que, si les pouvoirs publics ne font rien pour relancer le processus de privatisation du Crédit populaire d’Algérie (CPA) avant la fin juillet 2008, « le processus de privatisation sera alors repris depuis le début ». Rappelons que le processus de privatisation de cette banque a été suspendu en novembre 2007 suite à la crise des « subprimes » qui est apparue aux Etats-Unis, une crise due essentiellement aux prêts immobiliers consentis à des ménages américains. Pour le nombre de soumissionnaires potentiels à la reprise du CPA, on cite Société générale, Banque populaire et BNP Paribas.

jeux d'enfant dans la politique finacier

Publié le 18/12/2008 à 12:00 par chlef
jeux d'enfant dans la politique finacier
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KARIM DJOUDI L’A ANNONCÉ HIER
«Lancement d’une société publique d’investissements fin janvier»



Le ministre des Finances, M. Karim Djoudi, a indiqué, hier, en marge des travaux de l’Assemblée populaire nationale, qu’une société publique d’investissements sera mise en place à la fin janvier prochain. Elle interviendra sous forme d’un fonds d’investissements publics sur le marché algérien.
Financée essentiellement par les ressources qui seront mises à sa disposition par le Trésor public ou empruntées sur le marché national des capitaux, cette société permettra aux opérateurs d’accéder aux ressources financières pour financer les projets d’investissements importants. Une banque d’investissements est une société qui rassemble l’ensemble des activités de conseil, d’intermédiation et d’exécution ayant trait aux opérations de haut de bilan.





17-12-2008
Horizon - Souhila Habib
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES EN 2009
Le FMI prévoit le pire



La conjoncture économique mondiale risque de se compliquer en 2009. Tous les indicateurs sont au rouge. Le Fonds monétaire international (FMI) fait d’ores et déjà part de son inquiétude. «Les prochaines perspectives économiques mondiales que cette institution publiera en janvier prochain, seront encore pires que les prévisions actuelles», a prévenu lundi dernier, à Madrid, le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn.
Pour le patron du Fonds, qui intervenait lors d’un colloque organisé par la Banque d’Espagne, «les perspectives globales continuent de se dégrader». «Ce qui signifie, a-t-il expliqué, que l’année 2009 sera une année très difficile». Les dernières prévisions économiques du FMI, rappelons-le, qui datent du 6 novembre dernier, prévoyaient une croissance mondiale de 2,2% pour 2009 (contre 3,7% en 2008), avec une contraction de 0,3% du PIB pour les pays développés, l’an prochain (+1,4% prévu pour 2008). Néanmoins, à en croire les déclarations du premier responsable du FMI, ces prévisions seront revues à la baisse, compte tenu de la crise financière aiguë qui risque de subsister encore l’année prochaine, voire jusqu’en 2010. D’ailleurs, même les sommes astronomiques injectées par les différents pays pour sauver leurs économies s’avèrent inopportunes. En ce sens, Dominique Strauss-Kahn a indiqué qu’il n’était pas convaincu par les politiques mises en place pour faire face à la crise économique et financière actuelle pour impulser la croissance.
Préoccupé, le patron du FMI a estimé que la réaction internationale est «minime, mal inspirée et douteuse». «Les alertes précoces, c’est bien, mais elles ne servent à rien si les gouvernements ne les prennent pas en compte», a-t-il souligné, en allusion aux prévisions du FMI. Dans ce sens, il a jugé nécessaire d’institutionnaliser les réunions du G-20 pour pouvoir mettre en pratique les accords conclus lors de ces rencontres. Ainsi, il a expliqué que si le G-20 veut développer un rôle important, il devra tenir compte davantage des organismes multilatéraux comme le FMI, au regard du nombre important de ses adhérents (166 membres qui représentent 80% du PIB mondial). Selon lui, la responsabilité de la communauté internationale n’est pas seulement de réformer techniquement le système financier, mais de «démontrer à l’homme de la rue que l’économie de marché a un visage éthique». Cependant, M.Strauss-Kahn a souligné qu’il «serait injuste de ne pas admettre que des pas importants ont été faits pour juguler la crise mondiale», même s’il a reconnu que «beaucoup reste à faire si l’on veut éviter que la crise se prolonge au-delà de 2009». Pour parvenir à cet objectif, il a affirmé la nécessité de «politiques actives» dans la voie de l’ouverture des flux de crédits pour restaurer la confiance dans les marchés, contrecarrer la baisse de la demande privée, grâce à des stimulants fiscaux, et soutenir la liquidité des pays émergents. Pour ce qui est de la restauration de la confiance, il s’est déclaré favorable à une intervention «claire» de l’Etat dans les marchés, tout en plaidant également pour la recapitalisation des entités financières, au-delà de l’élimination des actifs considérés «toxiques». Afin de multiplier l’effet des encouragements fiscaux, il a estimé que ces derniers devraient être appliqués surtout au secteur financier, au logement et aux foyers à faibles revenus, avec des mesures comme la baisse de l’impôt sur le revenu ou la réduction des taux d’impôt aux entreprises. Le directeur du FMI a relevé également l’importance qu’il y a d’élargir les aides financières en faveur des pays émergents et à faibles revenus, ce qui conduirait à injecter plus de liquidité au système financier si la crise venait à s’aggraver.




17-12-2008
Lexpression - Hakim KATEB

TENDANCES MONÉTAIRES ET FINANCIÈRES

Publié le 18/12/2008 à 12:00 par chlef
TENDANCES MONÉTAIRES ET FINANCIÈRES
AU PREMIER SEMESTRE DE 2008

1. L’environnement économique international s’est caractérisé, au cours du premier semestre 2008, par la propagation des effets de la crise financière dont l’origine est la crise des subprime. A la persistance de graves turbulences sur les marchés financiers internationaux, causant des perturbations financières mondiales et d'importantes pertes pour les banques internationales, s’est ajoutée un second important défi, représenté par la résurgence des tensions inflationnistes à l'échelle mondiale.


L'ampleur et la persistance de difficultés de financement de banques de premier rang au niveau international ont amené les banques centrales à prendre des mesures exceptionnelles, d'une manière concertée à partir de décembre 2007, afin de pourvoir à la liquidité des marchés financiers et contribuer ainsi à ce que la crise de liquidité n'empire. Cela a fait émerger, aussi, la nécessité de renforcer la surveillance prudentielle de la gestion de la liquidité.


Les pertes et les dépréciations d’actifs subies, essentiellement par les banques américaines et européennes, et annoncées au cours des premier et second trimestres de 2008, témoignent de l’ampleur de la crise des subprime.


Les évaluations des institutions financières internationales indiquent clairement que les doutes persistent sur la solvabilité des institutions financières qui, en plus des pertes liées aux subprime, vont faire face à des pertes additionnelles liées à leurs prets traditionnels. De plus, cette crise a fortement touché les deux institutions fédérales d’assurance et de refinancement hypothécaire, mettant en avant de nouveau la perception des risque systémiques.


L’ampleur de la crise financière est telle que la santé de banques de premier rang, en Europe et aux Etats-Unis, reste un motif de préoccupation majeure en 2008. Malgrè l’importance accrue des pertes et les dépréciations d’actifs annoncées au premier semestre 2008, les banques internationales subiront encore d’importantes dépréciations additionnelles de leurs actifs. En particulier, les banques rencontrent déjà beaucoup de difficultés pour reconstituer leurs fonds propres, pendant que la croissance des crédits aux entreprises est fortement ralentie.


Il est utile de noter que les bourses ont, globalement, sanctionné les résultats de l’ensemble du secteur bancaire, d’autant plus que certains cours d’actions ont chuté d’une manière drastique. Cependant, certains analystes estiment que certaines banques ont montré une résilience meilleure que prévue.


La volatilité accrue sur les marchés financiers, monétaires et des changes, est une tendance lourde en la matière. Durant les six premiers mois de l’année en cours, les conditions des marchés financiers internationaux se sont détériorées davantage, à en juger par l’élargissement des marges sur les obligations des entreprises et l’augmentation des marges pour le dollar sur les marchés monétaires, notamment en Europe.


C’est dans ce contexte de crise financière et de risques accrus de ralentissement de la croissance de l‘économie mondiale que la résurgence de l’inflation mondiale est nettement à la hausse, sous l’effet du niveau élevé des prix des produits alimentaires et de l’énergie. En particulier, les prix des produits de base ont atteint, au premier semestre 2008, des niveaux historiquement élevés.



Ainsi, le taux d’inflation aux Etats-Unis a presque doublé, en glissement, de juin 2007 à juin 2008, soit 5 %. Dans la zone euro, le taux d’inflation a atteint 4 % à fin juin 2008, représentant le double de son niveau à fin juin 2007.


Les économies émergentes et les économies en développement sont particulièrement affectées par le regain de l'inflation. Un grand nombre de ces pays ont même atteint un taux d’inflation à deux chiffres à fin juin 2008 ; l’inflation constituant donc une préccupation grandissante.

De plus, la très forte contraction des financements extérieurs et le durcissement de leurs conditions, inhérentes à la crise financière et à la propagation de ses effets, constituent un choc externe de grande ampleur pour une grande partie des pays en développement.


Vu les caractéristiques particulières du contexte financier international du premier semestre 2008, l’analyse de l’évolution de la balance des paiements et des prix relatifs permet de cerner les canaux de transmission de l’impact de la crise financière internationale sur l’économie algérienne.



2. Le premier semestre de l’année 2008 a enregistré des performances très remarquables avec un excèdent du compte courant de la balance des paiements estimé à 22,21 milliards de dollars. Sur une base trimestrielle, les performances en la matière sont proches, se situant à 10,84 milliards de dollars et 11,37 milliards de dollars, et corrélées aux exportations des hydrocarbures.


Une telle performance en matière de balance des paiements est venue confirmer une tendance qui est apparue en 2007, à savoir que l’excédent global de la balance des paiements était proche du surplus courant extérieur (30,60 milliards de dollars).


Les exportations des hydrocarbures du premier semestre 2008 sont évaluées à 41,71 milliards de dollars contre 26,94 milliards de dollars au premier semestre 2007 et 59,61 milliards de dollars pour toute l’année en 2007. L’effet prix explique une telle performance, à mesure que le prix moyen du pétrole est de 111,5 dollars/baril au premier semestre 2008, après un passage de 74,95 dollars pour 2007 à 99,09 dollars au premier trimestre 2008 et à 124 dollars pour le second trimestre 2008. Les exportations d’hydrocarbures en volume du premier semestre 2008, quant à eux, ont été légèrement en deçà de leur niveau du premier semestre de l’année 2007.


En effet, les cours du baril de pétrole ont ainsi dépassé leurs précédents records sur les marchés pétroliers, en situation de forte volatilité, avec une progression d’environ 26 % au second trimestre 2008 par rapport au premier trimestre de l’année encours et de 74 % relativement au même trimestre de l’année 2007.


Par ailleurs, les exportations hors hydrocarbures ont augmenté pour atteindre 0,83 milliard de dollars au premier semestre 2008, alors que leur niveau était de seulement 0,48 milliard de dollars au premier semestre de l’année passée. Cependant, leur contribution à la viabilité de la balance des paiements courants est très faible, car cette viabilité reste ancrée sur les exportations d’hydrocarbures en contexte de progression accrue des paiements au titre des importations des biens et services.


Le trend haussier des importations de biens qui a caractérisé la période 2003 à 2007, particulièrement en 2007 qui a enregistré un taux de croissance de 27,4 %, est bien confirmé au premier semestre 2008. Ainsi, leur niveau est vite monté à 16,87 milliards de dollars, en contexte de résurgence de l’inflation mondiale, contre 12,43 milliards de dollars au premier semestre 2007, soit un accroissement de 35 %. Le niveau des importations de biens du premier semestre 2008 est proche des importations de l’année 2004 (17,95 milliards de dollars).


Pour le premier semestre 2008 et par rapport à la même période de l’année passée, l’augmentation des importations est importante aussi bien pour les produits alimentaires (64,41 %) que pour les biens d’équipement industriels et agricoles (53,38 %) et les demi-produits (19,57 %). La forte augmentation de l’importation des produits alimentaires, quant à elle, est due en grande partie à l’envolée des prix de ces produits sur les marchés internationaux. Aussi, il est utile de souligner que les prix des produits de base et des matières premières ont atteint au cours de ce semestre des niveaux historiquement élevés, en termes réels, des vingt dernières années, alimentant l’inflation importée.


Tout comme en 2007, le premier semestre 2008 se caractérise aussi par une très forte augmentation des importations des services non facteurs. Ces importations ont atteint 5,56 milliards de dollars au premier semestre 2008 contre 6,93 milliards de dollars pour l’année 2007 (dont 3,3 milliards de dollars au premier semestre). Leur niveau était de seulement 4,78 milliards de dollars en 2006. Pour le premier semestre de l’année 2008, les services de transport maritimes et aériens, les services de bâtiment et travaux publics et les services techniques représentent 75,5 % des importations en la matière, alors que ce taux était de 77 % en 2007. Cela est lié, notamment, à l’exécution du budget d’équipement de l’Etat.


Avec un équilibre de la balance des revenus et transferts courants au premier semestre 2008, l’excédent courant extérieur (22,21 milliards de dollars) équivaut presque à l’excédent de la balance des biens et services (21,95 milliards de dollars).


Le compte capital et opérations financières, quant à lui, est désormais marqué par une tendance à l’équilibre depuis 2007, suite aux désendettement extérieur des années 2004 à 2006. C’est dans un tel contexte que la rubrique investissements directs étrangers (nets) est estimée à environ un milliard de dollars au premier semestre 2008. Il importe de souligner que les acquis résultants de la stratégie de désendettement permettent à l’Algérie d’être à l’abri de vulnérabilité ou de choc externe inhérent à la situation de très forte contraction des financements extérieurs et de durcissement de leurs conditions qui prévaut.


Au total, l’important solde global de la balance des paiements enregistré au premier semestre 2008, soit environ 20 milliards de dollars contre seulement 12,57 milliards de dollars au premier semestre 2007, conforte fortement la position financière extérieure et alimente, en conséquence, les réserves officielles de change. L’encours des réserves officielles de change a atteint, ainsi, 133,235 milliards de dollars à fin juin 2008. Il était passé de 77,781 milliards de dollars à fin 2006 à 90,960 milliards de dollars à fin juin 2007 et à 110,180 milliards de dollars à fin 2007.


Il est utile de souligner que l’accroissement soutenu du niveau des réserves officielles de change s’est conjugué avec une diversification des devises de placement, depuis 2004, pour mieux gérer le risque de change entre les principales devises. La conduite de cette diversification corrélativement à la poursuite d’une gestion prudente des réserves, en termes de niveau de risques inhérents aux instruments de placement, a permis à la Banque d’Algérie de faire face, dans une grande mesure, aux turbulences sur les marchés financiers internationaux, d’autant plus que la réduction de la dette publique extérieure a été d’une grande ampleur en 2006. De plus, la Banque d’Algérie a augmenté davantage les placements dans les actifs non risqués.


Vu la gravité des turbulences sur les marchés financiers internationaux et leurs effets négatifs sur les économies émergentes et les économies en développement, le niveau important des réserves officielles de change et la stabilisation du taux de change effectif réel du dinar constituent, aujourd’hui, pour l’Algérie une double garantie face à ce type de chocs externes. Cependant, le chalenge reste de préserver la viabilité à moyen et long terme de la balance des paiements au moyen d’une compétitivité externe hors hydrocarbures. En particulier, la politique de taux de change doit être accompagnée par d’autres mesures de politique économique visant à accroître la productivité et la diversification économique.


Les études effectuées par la Banque d’Algérie et les revues périodiques montrent que le taux de change effectif réel du dinar est proche, depuis 2003, de son niveau d’équilibre de long terme. Ce qui est en phase avec l’évaluation du Fonds Monétaire International.


Il importe de souligner, qu’aujourd’hui, la politique de taux de change est bien en phase avec la stabilité externe, elle même ancrée sur une solidité marquée de la position financière extérieure nette de l’Algérie. La politique de taux de change conduite par la Banque d’Algérie, de manière flexible, sert donc l’économie nationale.



La Banque d’Algérie a poursuivi au premier semestre 2008 la stabilisation du taux de change effectif réel du dinar, dans un contexte international caractérisé par la volatilité sur les marchés financiers, monétaires et des changes et par la résurgence de l’inflation au niveau mondial, notamment, les pays partenaires de l’Algérie. Ce qui a nécessité un suivi plus particulier de l’évolution à court terme des prix relatifs, pendant que le dollar américain s’est déprécié par rapport à l’euro au cours du premier semestre 2008, à l’exception du mois de mai, selon les cours mensuels moyens.



L’appréciation du dinar, quant à lui, par rapport au dollar américain, notamment au second trimestre 2008, conjuguée à un effet de balancier en matière d’évolution du cours dinar/euro, dépréciation au premier trimestre suivi d’une appréciation au second trimestre 2008, ont conduit à une consolidation à court terme du taux de change effectif réel du dinar.


Sous l’angle opérationnel, la Banque d’Algérie intervient sur le marché interbancaire des changes pour veiller à ce que le mouvement du taux de change nominal n’affecte pas l’équilibre de long terme du taux de change effectif réel du dinar. Cela offre en réalité une visibilité à long terme en matière de décisions stratégiques d’investissement et permet également aux opérateurs économiques d’asseoir durablement leur compétitivité externe.


3. Par ailleurs, l’amélioration de la position financière extérieure de l’Algérie à partir de 2000 a permis de ramener les indicateurs de la dette extérieure à des niveaux soutenables, particulièrement depuis 2004 avec la mise en œuvre des remboursements de la dette extérieure par anticipation. La poursuite des remboursements par anticipation au cours des années 2005 et 2006 a permis une forte réduction de la dette publique extérieure, témoignant du succès de la politique de désendettement extérieur de l’Algérie.


L’encours de la dette extérieure à moyen et long terme se situe, à fin juin 2008, légèrement au dessus de 4 milliards de dollars contre 4,889 milliards de dollars à fin 2007, soit seulement 3,6 % du produit intérieur brut, après un passage de 16,485 milliards de dollars à fin 2005 à 5,062 milliards de dollars à fin 2006.


Au total, la mise en œuvre soutenue de la décision stratégique de réduction de la dette extérieure de l’Algérie, a permis un emploi économiquement efficient du surcroît de ressources, d’autant plus que les graves turbulences sur les marchés financiers internationaux depuis mi 2007 ont conduit à un durcissement des conditions de crédit des banques internationales. De plus, la forte appréciation de l’euro par rapport au dollar aurait eu un important effet de valorisation de la dette extérieure avec un effet négatif sur le budget de l’Etat, si les remboursements par anticipation n’avaient pas été conduits avant l’avènement de la crise financière internationale.


4. L’analyse de la situation monétaire consolidée au cours du premier semestre 2008, tout comme pour l’année 2007, montre que l’évolution de la masse monétaire continue à être tirée par celle de l’agrégat avoirs extérieurs nets, d’autant plus que les avoirs extérieurs nets dépassent, depuis fin 2005, les liquidités monétaires et quasi monétaires dans l’économie nationale.


En effet, l’analyse du processus de création monétaire et des flux de fonds fait émerger le fait que les réserves officielles de change détenues par la Banque d’Algérie restent la première source d’expansion monétaire. L’agrégat avoirs extérieurs nets de la situation monétaire consolidée à fin juin 2008 est en progression de 11,8 %, contre un taux de croissance de 34,46 % pour l’année 2007. Cet agrégat s’est établi en équivalent dinars à 8290,38 milliards à fin juin 2008, après avoir passé de 5515,05 milliards de dinars à fin décembre 2006 à 6419,44 milliards de dinars à fin juin 2007 et à 7415,56 milliards de dinars à fin décembre 2007.


Sous l’effet de l’expansion structurelle des avoirs extérieurs nets, la masse monétaire s’est accrue de 10,13 % au premier semestre 2008 contre 11,97 % au premier semestre 2007, 10,89 % au titre du second semestre 2007, et 24,17 % pour toute l’année 2007. Ainsi, l’expansion monétaire reste élevée au premier semestre 2008, confirmant le nouveau trend de reprise du rythme d’expansion monétaire depuis 2005 ; un cycle baissier ayant été enregistré de 2001 à 2004. Par contre, l’accroissement de la circulation fiduciaire au premier semestre 2008 (7,75 %) est inférieur au rythme de M2 ; le ratio monnaie fiduciaire/masse monétaire reculant à 20,96 % à fin juin 2008 contre 21,34 % à fin juin 2007 et 21,43 % à fin 2007.


Corrélativement, l’évolution de la structure de la masse monétaire M2 révèle une stabilisation de la part relative des dépôts à vue hors secteur de l’énergie (28,15 %) et une augmentation des dépôts de ce dernier secteur relativement à M2, soit 22,58 % à fin juin 2008 contre 21,05 % à fin décembre 2007 et 18,66 % à fin juin 2007. En outre, le ratio dépôts à terme /M2 connaît un trend baissier, s’établissant à 28,31 % à fin juin 2008. Cela renseigne, en particulier, sur les comportements des principaux agents économiques, surtout dans cette période de reprise de l’expansion des liquidités monétaires et quasi monétaires. La forte augmentation des dépôts à vue de Sonatrach (18,86 % au premier semestre 2008), dans cette conjoncture favorable, contribue largement au fait que l’accumulation des dépôts a pour origine plus l’accroissement des dépôts provenant du secteur public que celui provenant du secteur privé.


En terme de structure de dépôts selon les instruments à fin juin 2008, les dépôts à vue auprès des banques, du Trésor public et des CCP sont montés à 64,18 %, dans le total de dépôts, contre 62,54 % à fin 2007 et 55,84 % à fin 2006, confirmant le trend haussier relativement à l’année 2003. Au cours des cinq dernières années, cette tendance haussière est corrélative à l’augmentation importante des dépôts à vue du secteur public et du secteur de l’énergie, en particulier.


Par contre, l’évolution de la structure des dépôts montre clairement le net recul de la part des dépôts à terme en dinars à 31,10 %, du total des dépôts à fin juin 2008, contre 32,58 % à fin 2007 et 37,71 % à fin 2006.

L’agrégat crédits à l’économie (avant rachat de créances non performantes), en tant que deuxième contrepartie de la masse monétaire, s’est accru de 5,15 % au premier semestre 2008 contre 5,45 % au premier semestre de l’année passée. Pour toute l’année 2007, l’augmentation des crédits à l’économie a été de 15,22 % contre 12,16 % en 2006, parallèlement à la reprise des rythmes d’expansion de l’agrégat monétaire M2.


Il importe de souligner que cette tendance à l’augmentation de l’agrégat crédits à l’économie fait émerger désormais l’importance du « canal » crédit dans la transmission des effets des récents développements monétaires.


L’analyse de la structure des crédits par secteur juridique montre qu’une plus grande part de crédits continue à être allouée au secteur privé. A fin juin 2008 et en encours, la part de crédits distribués au secteur privé (52,95 %) est resté stable depuis fin 2006 (52,95 %), se conjuguant avec une diminution de la part relative des crédits non performants. De plus, l’évolution des crédits à l’économie, sous l’angle des termes de maturités, témoigne de la poursuite du relatif trend haussier pour les crédits à moyen et long terme. En effet, la part relative des crédits à moyen et long terme est passée de 49,58 % à fin décembre 2006 à 51,26 % à fin décembre 2007, pour se situer à 50,90 % à fin juin 2008 contre 51,12 % à fin juin 2007. Il est également utile de noter que les crédits hypothécaires ont également enregistré un élan appréciable en 2007.


La progression des crédits à moyen et long terme est en phase avec le caractère favorable des conditions de financement bancaire de l’économie nationale, dans un contexte où l’augmentation des crédits d’investissement intervient en complément au fort flux de financement en provenance de la sphère budgétaire au titre des décaissements réalisés sur le budget d’équipement de l’Etat. Pour le premier semestre 2008, les dépenses d’équipement sont estimées à 929,4 milliards de dinars, soit un accroissement de 58,9 % par rapport au premier semestre de l’année 2007.


Compte tenu de la disponibilité de fonds prêtables accrus et des besoins d’investissements productifs, il est attendu que les crédits sains à l’économie augmentent en 2008 et que les banques financent davantage les investissements, d’autant plus que le stock d’épargnes financières est bien accru sur les huit dernières années.

Des montages financiers, notamment de type « project finance » pour des projets d’investissement mixtes, contribueront à élargir le noyau d’absorption de « ressources stables » des banques au cours de l’année 2008.


Il est également attendu que les banques poursuivent d’une manière plus résolue la nécessaire amélioration de l’évaluation, la gestion et la maîtrise des risques de crédits, vu l’acuité de la question au niveau international. C’est donc un ancrage nécessaire pour une contribution effective des banques à l’amélioration de l’allocation des ressources financières dans l’économie nationale. Pour ce faire, un renforcement des fonds propres des banques est requis.


Dans la situation monétaire consolidée, l’agrégat créances sur l’Etat, contrepartie de la masse monétaire, est baissier au premier semestre 2008, sous l’effet du désendettement progressif du Trésor et de l’accumulation d’épargnes financières par ce dernier. Avec les ressources accrues du Fonds de régulation des recettes, le Trésor public est le créancier net de l’ensemble du système bancaire et ce, depuis fin 2004. Cette créance nette est de 2889,4 milliards de dinars à fin juin 2008 contre 2193,2 milliards de dinars à fin 2007 et 1304,1 milliards de dinars à fin 2006. Cela contribue à la liquidité du système bancaire dans son ensemble.


Face à la liquidité grandissante du système bancaire, le marché monétaire interbancaire a connu une relative reprise de l’activité au cours de l'année 2007 et au premier semestre 2008, par rapport à 2006. A fin juin 2008, le montant négocié sur ce marché est de 32,13 milliards de dinars contre 16,30 milliards de dinars à fin 2007. Les taux moyens pondérés sont restés stables, au tour de 3,3 % à 3,4 %.


Le trend haussier du niveau de la liquidité bancaire matérialise bien le caractère structurel de l'excès de liquidité sur le marché monétaire. L'encours de la liquidité bancaire est donc monté à 2597,8 milliards de dinars à fin juin 2008, après un passage de 1146,9 milliards de dinars à fin décembre 2006 à 2001,18 milliards de dinars à fin 2007, d’où une progression de 29,81 % au premier semestre 2008.


Pour endiguer l'excès de liquidité structurel et limiter ses effets inflationnistes en 2007, la Banque d'Algérie a intensifié ses interventions sur le marché monétaire au moyen des reprises de liquidité à maturités de 7 jours et 3 mois. Cet instrument de marché a vu son rôle s’accroître significativement par rapport à la facilité de dépôts rémunérés (facilité permanente) et la réserve obligatoire, à partir de juin 2007, dans la conduite de la politique monétaire.


Capitalisant sur les efforts soutenus en matière de projection des facteurs autonomes et de prévision de liquidité bancaire, la Banque d’Algérie a utilisé davantage l'instrument reprises de liquidités au cours de l’année 2007, aussi bien les reprises à sept jours que les reprises à terme (trois mois), laissant l’utilisation flexible de la facilité de dépôts rémunérés à l'initiative des banques.


Sous l’angle de la conduite au jour le jour de la politique monétaire, la Banque d'Algérie a fortement augmenté (1100 milliards de dinars contre 450 milliards de dinars) les reprises de liquidités, en juin 2007, afin d’absorber davantage de liquidités. Le premier semestre 2008 se caractérise par une stabilisation du montant global des reprises de liquidités, pendant que les banques ont utilisé plus activement la facilité de dépôts rémunérés dont le montant est passé de 483,11 milliards de dinars à fin 2007 à 1031,75 milliards de dinars à fin juin 2008.


Quant aux réserves obligatoires, leur taux a été ajusté à la hausse à partir de mi janvier 2008, soit 8 % contre 6,5 %. Leur encours à fin juin 2008 est de 384,8 milliards de dinars, alors que leur niveau était de 272,1 milliards de dinars à fin 2007.


Le rôle de la politique monétaire dans la régulation du marché monétaire, ancré sur les prévisions de liquidité de la Banque d’Algérie, doit être accompagné par un progrès de la part des banques quant à la gestion du risque de liquidité et ce, en contexte d’excès de liquidité. La question de la gestion du risque de liquidité se pose, aujourd’hui, avec acuité à l’échelle mondiale, mais avec une situation de crise de liquidité qui est au centre des graves turbulences sur les marchés financiers internationaux.


Il est utile de rappeler que les objectifs quantitatifs de croissance des agrégats monétaires et de crédit relèvent des attributions du Conseil de la Monnaie et du Crédit, c'est-à-dire l’autorité monétaire. Le Conseil de la Monnaie et du Crédit a arrêté, en début d’année 2008, les objectifs de taux d’expansion de la masse monétaire à 27 % et de taux de croissance des crédits à l’économie à 15,3 %. Le Conseil a souligné, pour l’année 2008, l’orientation prospective de la politique monétaire face au renforcement de l’expansion de M2 et au risque à la hausse pour l’inflation.


Pour s'assurer de la réalisation des objectifs de la politique monétaire en 2008, le Conseil de la monnaie et du crédit a également examiné en début d’année les instruments de conduite de la politique monétaire ainsi que leur pertinence dans le contexte d’excès de liquidité structurel. Ainsi, la Banque d'Algérie a été dotée d'une instrumentation monétaire lui permettant de continuer à faire face à ce phénomène structurel, indice de l’existence de risques à la hausse pour la stabilité des prix.


Si la conduite ordonnée de la politique monétaire au cours de l’année 2007 a permis de mener à bien la stratégie de l'objectif d'inflation, avec un taux d’inflation de 3,5 %, en moyenne annuelle, la montée de l’inflation en 2008 risque de constituer un « choc » pour la stabilité des prix à moyen terme, vu la résurgence de l’inflation au niveau mondial. De plus, la reprise significative de l'expansion monétaire contribue de facto aux tensions inflationnistes.


En glissement annuel, la hausse des prix ralentit à 2,5 % en juin 2008 après avoir atteint 6,3 % en mai et 6,4 % en avril et ce, selon les données publiées par l’Office National des Statistiques. Cette baisse, apparemment élevée de juin 2008, s’explique par le fait que l’indice du mois de juin de l’année 2007 était en forte hausse.


Malgré ce ralentissement en juin 2008 du rythme de l’inflation en glissement annuel, l’inflation annuelle moyenne a atteint 4,8 % au mois de juin 2008 et la série des taux d’inflation annuelle moyenne croît sans interruption depuis plus de deux ans (juin 2006). En effet, la tendance lourde en la matière est haussière en 2008, même si la stabilisation du taux de change effectif réel contribue à atténuer l’effet négatif de l’inflation importée.
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