Skype
Skype est un logiciel propriétaire qui permet aux utilisateurs de passer des appels téléphoniques à travers Internet. Les appels d'utilisateurs à utilisateurs sont gratuits, tandis que les appels vers les lignes téléphoniques fixes et les téléphones mobiles sont payants. Les fonctionnalités additionnelles incluent messagerie instantanée, transfert de fichiers, et visioconférence.
Il a été développé par les programmeurs Ahti Heinla, Priit Kasesalu et Jaan Tallinn[1] pour les entrepreneurs de Kazaa et de The Venice Project (rebaptisé Joost), Niklas Zennström et Janus Friis. Les trois Estoniens étaient déjà à l'origine du logiciel Kazaa.
Fonctionnalités
Il permet de téléphoner gratuitement uniquement entre deux ordinateurs ou terminaux équipés de Skype et connectés à Internet, grâce à un microphone et des haut-parleurs, ou un micro-casque ou téléphone branché sur l'ordinateur (par exemple par le port USB). Il est également doté d'une messagerie instantanée basique permettant aux utilisateurs de communiquer textuellement et de se transmettre des fichiers.
Skype permet aussi d'effectuer des appels payants vers des lignes téléphoniques fixes et mobiles et propose depuis peu de recevoir des appels téléphoniques depuis des téléphones fixes et mobiles, mais ceci uniquement dans certains pays.
La visioconférence est possible depuis janvier 2006 et la sortie de Skype v2 pour Windows.
Skype est devenu l'un des outils de communication vocale sur ordinateur les plus utilisés au même titre que Windows Live Messenger, bien que posant des problèmes d'interopérabilité (exclusivité réciproque du protocole et du logiciel), en plus des soucis de confidentialité (sécurité par l'obscurité, intrinsèquement invérifiable).
Une version de Skype est également disponible sur la console Playstation Portable depuis février 2008.
Principe de fonctionnement
Article détaillé : Protocole de Skype.
Skype emploie une technologie P2P VoIP, mélange de peer-to-peer (poste-à-poste) et de VoIP (voix sur réseau IP), pour se connecter avec les autres utilisateurs de Skype, permettant par la même occasion un partage de ressources : les utilisateurs ayant une connexion à haut débit déchargent ceux possédant le bas débit d'une partie du trafic qui risquerait d'engorger leur connexion ; ils permettent également l'interconnexion entre les utilisateurs étant derrière un pare-feu. Un accès TCP sortant vers tous les ports de destination au-dessus de 1024 ou vers le port 80 est requis. Pour obtenir la meilleure qualité vocale il est préférable d'ouvrir le port donné dans les options de Skype. Cependant, le trafic étant crypté et opaque, il est difficile de connaître le contenu des informations transitant sans autorisation sur l'ordinateur d'un utilisateur de Skype (personne n'a su le déterminer à ce jour), posant d'évidents problèmes de confidentialité.
Ce logiciel fonctionne sous Microsoft Windows, mais aussi sur les systèmes GNU/Linux (sur x86), Mac OS X et Pocket PC. Il utilise les protocoles TCP et UDP et permet de faire des conférences vocales jusqu'à cent personnes.
L'interface utilisateur Windows a été développé en Pascal Object avec Delphi Win32, la version Linux en C++ avec Qt et celle de Mac OS X en Objective-C avec Cocoa.
Skype a créé une controverse en utilisant un protocole propriétaire fermé et non-standard, car cela va à l'encontre de l'interopérabilité, qui est à l'origine du succès de l'Internet, en fonctionnant sur des standards de communications ouverts permettant à tous de communiquer en utilisant des implémentations logicielles différentes mais compatibles.
La technologie P2P VoIP ayant fait ses preuves techniquement et commercialement, l'organisme IETF a établi un standard (en anglais) à ce sujet : Session Initiation Protocol (abrégé en SIP).
Sécurité
Skype est à l'origine d'un débat sur la sécurité des communications par la technologie de la voix sur IP et de la sécurité liée au logiciel Skype lui-même. Les questions majeures proviennent de ce que Skype utilise certains utilisateurs pour relayer les communications d'autres utilisateurs et que Skype est une application totalement fermée utilisant des protocoles fermés pour sécuriser son trafic.
Sécurité des communications
Tout le trafic de données de Skype est chiffré.
Skype prétend utiliser des algorithmes de cryptographie connus et difficiles à casser.
L'utilisateur n'a pas accès aux paramètres de chiffrement et, par conséquent, n'a pas à prendre des décisions techniques concernant une infrastructure à clés publiques.
Un des objectifs du chiffrement est de lever les questions de confidentialité pour les communications qui sont relayées par d'autres utilisateurs. Ces choix ont eu un impact sur le marché de la voix sur IP, en général. Le chiffrement des communications est un enjeu qui a gagné de l'intérêt auprès des utilisateurs.[réf. nécessaire]
Cheval de Troie
Skype aurait fait l'objet d'un communiqué du ministère de l'Éducation nationale français au cours du mois de septembre 2005, demandant sa désinstallation des postes équipés dans tous les établissements scolaires publics. Il semblerait que certains serveurs Skype permettent d'intercepter des informations et le logiciel pourrait aussi servir d'abri à un cheval de Troie.
Cette information est à prendre avec des pincettes, puisqu'en réalité, c'est un cheval de Troie se propageant par e-mail qui se fait passer pour une mise à jour de Skype. Cette alerte de sécurité date du 18 octobre 2005. Le danger vient donc d'une contrefaçon et non de Skype lui-même.
Se protéger contre ces problèmes sera difficile pour cette administration : régler le problème semble plus complexe qu'un simple paramétrage de pare-feu. On peut lire à ce sujet un article de ZDNet[2] qui semble confirmer que ce malware se transmet uniquement par mail, ainsi que la réaction officielle de Skype sur ce sujet[3], qui rappelle les bases de la distribution de logiciel des grandes entreprises, à savoir que les programmes et les patchs ne sont jamais distribués par mail.
Voir un article de 01net[4], qui rappelle que ce n'est pas uniquement l'affaire du cheval de Troie qui a déclenché cette vague de désinstallation, mais également le fait que Skype est une gigantesque boîte noire dans laquelle personne ne peut être assuré de savoir exactement ce qui se passe.
NB : Le journal Pirat Mag (N° 20 p. 4) indique que celui qui a révélé[5] cette affaire initialement est Guillaume Champeau de Ratiatum[6].
Sécurité du logiciel Skype
Le code source de Skype n'étant pas public, aucun expert ne peut l'évaluer de manière indépendante. Néanmoins Philippe Biondi et Fabrice Desclaux de EADS ont pratiqué une étude de rétro-ingénierie "Silver Needle in the Skype"[7]. Ils l'ont présenté lors de la conférence Black Hat Europe en mars 2006 et au SSTIC en juin 2006.
Skype est une parfaite "boîte noire". Il est extrêmement difficile d'analyser ce que fait Skype et quelle est la méthode utilisée. Skype utilise la sécurité par l'obscurité et rend volontairement difficile l'analyse du trafic par rétro-ingénierie. Or, comme l'indique l'expert en sécurité Bruce Schneier: "Dans le monde de la cryptographie, nous estimons -depuis des décennies- que l'open source est nécessaire pour obtenir une bonne sécurité." [8]
Le logiciel utilise beaucoup de code impénétrable et de somme de contrôle pour empêcher la rétro-ingénierie du code source.
Tout ordinateur sur lequel Skype est installé, qui a un processeur assez rapide, une connexion à haut-débit, et n'est pas derrière un routeur NAT ou un pare-feu devient un "relais" pour les autres utilisateurs ; un super-nœud[9] en terminologie peer to peer. Skype peut donc utiliser la connexion d'un utilisateur pour relayer le trafic des autres. Cette utilisation est mentionnée dans l'Article 4 du Contrat de licence utilisateur final[10].
L'agilité du logiciel à contourner les pare-feux et les routeurs NAT explique son succès auprès des particuliers. Cette qualité rend plus difficile la tâche des administrateurs réseaux qui souhaitent bloquer le trafic Skype[11].
Bien que Skype ne fournisse pas d'interfaces de programmation aux auteurs de logiciels anti-virus, il semblerait que la majorité des produits anti-virus bloquent le transfert de fichiers infectés. Skype recommande pourtant aux utilisateurs de tester manuellement les fichiers envoyés et reçus. Cette information est contredite par le "Skype Guide for Network Administrators" qui explique par quel mécanisme les logiciels anti-virus peuvent intercepter les fichiers tranférés[12].
Historique des versions
Skype 3.8.0.115 Cette version améliore la compatibilité matérielle. Mais la principale amélioration est l'évolution du moteur sonore du logiciel, qui se traduit par la réduction du bruit de fond ainsi que des corrections de plusieurs problèmes tels que les coupures lors des appels ou des problèmes de temps de réponse.
Blog
Aller à : Navigation, RechercherUn blog (mot-valise de web log) ou blogue[1] est un site web constitué par la réunion de billets agglomérés au fil du temps, et souvent, classés par ordre déchronologique (les plus récents en premiers). Chaque billet (appelé aussi note ou article) est, à l'image d'un journal de bord ou d'un journal intime, un ajout au blog ; le blogueur (celui qui tient le blog) y délivre un contenu souvent textuel, enrichi d'hyperliens et d'éléments multimédias, sur lequel chaque lecteur peut généralement apporter des commentaires
Présentation et variété de la blogosphère
Que prétend regrouper le terme blog ? Un journal intime anonyme, les œuvres d'un dessinateur, l'opinion d'une journaliste, le carnet de bord d'un photographe, des satires d'hommes politiques, les vidéos d'une classe de collège, un roman en construction, les anecdotes quotidiennes d'une mère de famille, etc.
Le concept blog est assez vague pour autoriser toutes ces utilisations. Le phénomène connaît son succès grâce à une grande facilité de publication, une grande liberté éditoriale et une grande capacité d'interaction en temps réel avec le lectorat.
Bien que la plupart des blogueurs hésitent à donner une définition claire de leurs intentions, la majorité des blogs s'utilise à des fins d'auto-représentation, et la plupart se forment autour des affects et des idées propres à leur(s) auteur(s). C'est pour cette raison que la presse et l'opinion populaire sont parfois amenées à fustiger l'égocentrisme des blogs.
Même si beaucoup de blogs sont privés de visiteurs par la force des choses (abandon de milliers de blogs par mois), un blog est généralement libre d'accès, à l'image d'une vitrine survolée par de prétendus inconnus. Lecteurs et auteurs entreprennent de facto un contrat comme au sein d'une autobiographie : tout est-il vrai ? Quels sujets aborder ? Sous quel angle ? Cependant, sur un blog, la possibilité de commenter chaque billet modifie considérablement ce qu'on appelle le pacte autobiographique.
Par ailleurs, le nombre de lecteurs d'un blog varie bien plus rapidement que le nombre de lecteurs d'un livre. En effet, de par la force et la rapidité des échanges sur le Web, un blog peut devenir célèbrissime au sein de la communauté à laquelle il appartient en très peu de temps. Cette variabilité influe parfois sur l'auteur en le poussant par exemple à écrire autour d'un buzz.
Les plates-formes proposant des blogs totalement privés protégés par mot de passe trouvent nombre de clients, et certaines affirment que la majeure partie de la blogosphère consiste en des blogs privés.
Format
Les blogs peuvent adopter des formats bien différents, mais les principaux outils décrits dans ce paragraphe (outils que l'on retrouve sur la plupart des plates-formes de publication de blogs) ne peuvent être codés à la main dans un langage de balisage comme HTML sous peine de devoir affronter des tâches laborieuses et répétitives ; c'est pourquoi l'on utilise bien souvent un système de gestion de contenu qui permet d'automatiser la mise en page du site.
Ce logiciel spécialisé met en forme le texte et les illustrations sous la direction du blogueur, il construit des archives automatiquement, il offre des moyens de recherche au sein de l'ensemble des billets et enfin gère les commentaires des internautes lecteurs. Ces outils permettent ainsi à chacun de publier du contenu, sans connaissances techniques préalables relatives à la conception de sites Web. Cette facilité d'utilisation a contribué pour une grande partie à l'explosion de l'utilisation des blogs depuis quelques années.
Les blogs sont en fait majoritairement édités grâce à des systèmes de gestion de contenu hébergés et administrés par des entreprises dont les services très populaires allègent considérablement les étapes techniques relatives à la conception de sites web.
Le format invariant de la plupart des blogs
Chaque billet est daté et entre donc dans une suite chronologique. Cependant, sur la page d'accueil, l'accumulation de ces billets est souvent présentée par antéchronologie (les plus récents en premier).
En effet, un blog étant perpétuellement en cours d'écriture, la page d'accueil doit refléter les changements les plus récents ; l'auteur suit l'idée d'un public qui prend connaissance régulièrement de l'évolution du site. Les billets étant présentés figés dans le temps, l'auteur ne les modifie généralement qu'en publiant un addendum intitulé « mise à jour ».
Depuis les années 2000, le phénomène blog évolue grâce aux améliorations techniques et matérielles de l'informatique et propose de publier toutes sortes de documents multimédias : images, mais surtout sons et vidéos, notamment par l'attrait de services d'hébergement (en particulier YouTube) ce qui enrichit très sensiblement la lecture ou devient le format privilégié du blog : voir photoblog et videoblog.
Gestion des commentaires
Un blogueur autorise souvent ses utilisateurs à laisser des commentaires, mêmes les plus critiques, suivant un formulaire web automatisé. Cependant, le blogueur est, selon la législation française, légalement responsable de ce qui est affiché sur son site et doit donc, dès qu'il a connaissance de commentaires non conformes à la législation, supprimer les commentaires en question.
Tout blogueur peut également choisir de censurer a priori les commentaires en publiant lui-même ceux qu'il juge valides, ou de censurer totalement tout commentaire (sur un billet ou sur le blog entier). Ce type de solution radicale est essentiellement adopté suite à de trop nombreux trolls ou à du pollupostage. Bien souvent il est également possible de bloquer temporairement l'ajout de nouveaux commentaires, par exemple si l'auteur du blog n'a pas la possibilité de les modérer pendant quelques jours.
De plus en plus de blogs deviennent le centre d'échanges approfondis au sujet duquel se passionnent auteurs et lecteurs (notamment au sujet de l'actualité ou du Web). Certains blogueurs accordent une place prépondérante aux commentaires laissés sur leur blog, qu'ils considèrent comme la raison d'existence de leurs écrits. Chaque billet revient alors à un nouvel espace public : le blog se transforme en une sorte de forum électronique et peut même recueillir une suite de commentaires sans queue ni tête, l'anonymat aidant au blogo-squat, c'est-à-dire à un bavardage qui s'entretient tout seul, sans rapport avec le billet d'origine.
Les blogs sont souvent centrés sur la publication d'opinions. Ce n'est pas pour rien que c'est l'instrument favori de beaucoup de journalistes ou d'hommes politiques. Sur ce plan, c'est un intermédiaire entre la page perso (l'auteur parle et personne ne répond), et le forum de discussion (tout le monde parle à égalité).
Gestion des liens
Les blogs s'accompagnent souvent d'un système avancé de gestion des hyperliens.
Chaque billet s'accompagne d'un lien propre et statique (appelé permalien).
La blogoliste ou le défileur (blogroll en anglais) est l'ensemble des liens vers d'autres blogs présentés par un blogueur sur son carnet Web, souvent présenté sur une page dédiée ou sous forme de menu latéral sur la page principale. Avec les techniques de syndication de contenu, telles que RSS ou Atom, il est possible d'inclure directement certains billets sur son propre blog.
Pour illustrer ce qu'est un rétrolien, imaginons qu'Alice et Bob, personnages fictifs, possèdent un blog. Il arrive que Bob écrive des billets intéressants sur son blog, et qu'Alice désire y répondre sur le sien. Dans ce cas, Alice peut, lorsqu'elle publie sa réponse, envoyer au blog de Bob un signal (en anglais pingback) qui déclenche l'apparition automatique sur le billet de Bob d'un rétrolien, c'est-à-dire d'un lien avertissant qu'Alice a publié un billet relatif au billet du blog de Bob. Ainsi, Bob (et les lecteurs de son blog) sont informés de la réaction d'Alice par un court extrait de son billet de réponse et sont libres d'aller le lire. Ce système est quasi-standardisé.
Raisons de cette invariance
La présentation varie peu d'un blog à un autre pour plusieurs raisons.
D'abord, la structure chronologique des billets impose une exhibition des billets soit par antéchronologie soit par chronologie (sur la page d'accueil, l'antéchronologie est préférée pour les raisons évoquées plus haut). De plus, les mêmes fonctionnalités reviennent souvent car elles sont bien adaptées à une lecture à partir d'un navigateur. Ce format réduit les possibilités créatives dans le design des blogs.
Une autre raison est qu'une grande part des blogs sont construits grâce à une plateforme telle que Blogger, Over-Blog ou Skyblog. Ces portails imposent un format de présentation identique pour tous leurs utilisateurs, au moins par défaut, et que peu d'entre eux explorent les capacités de personnalisation lorsqu'elle existent.
Addendum
D'autre part, un fil RSS ou Atom (appelé aussi « fil de nouvelles ») rassemblant tout ou partie des derniers billets ou commentaires parus est mis à disposition des visiteurs, de façon à leur permettre de tenir à jour leur lecture de manière rapide au moyen d'un logiciel appelé agrégateur.
Au sein de sa diversité, la blogosphère est composée de communautés de blogs qui réunissent des individus aux mêmes tendances politiques, aux mêmes passions... Ces communautés de blogs se lient entre elles grâce à des liens hypertextes. Une communauté peut décider de publier tous les billets concernant un sujet donné sur un site web appelé Planet.
Le plus souvent, un blog permet d'afficher les billets selon une structure différente : par thèmes, par mois, ou en effectuant une recherche avec un moteur de recherche.
Enfin, beaucoup d'auteurs de blogs accordent une grande importance à la présentation de leur blog et certains en modifient la présentation graphique régulièrement — ou en proposent plusieurs au choix (on parle de thèmes, d'habillages, de templates ou de skins).
La frontière entre blogs et mailing lists est floue au point de confondre liste de diffusion et blog au sein de l'interface Gmane. Toutefois, tout le monde n'est pas d'accord sur ce point.
Aspects sociaux
Les blogs tenus par des adolescents sont très nombreux en France (près de sept millions de blogs sur Skyblog selon le site en 2007), et plus généralement sur le Web. Il existe une certaine fracture numérique entre les générations, qui n'ont pas toutes ni les moyens ni l'envie de s'approprier le web de cette manière bien que, techniquement, un blog se consulte comme un site web, ce à quoi la grande majorité des utilisateurs actuels d'Internet sont familiers. Plusieurs affaires judiciaires ont mis en cause des élèves insultant des professeurs sur leur blog et ont été l'occasion de débats au sein des équipes pédagogiques et dans les médias.
Cependant, la tendance du blog s'étend aux plus âgés. Les blogs relatant la vie en entreprise auraient déjà conduit à plusieurs licenciements, affirment des blogueurs qui ont été licenciés, mais l'affirmation est remise en doute, tout au moins dans le secteur universitaire.[2]
Le monde politique, des affaires ainsi que le secteur associatif se sont aussi emparés de l'outil, en tant que nouveau média de masse. Les blogs participent donc désormais aux stratégies de communication des entreprises, des associations, des auteurs, des personnes en recherche d'emploi.
Certains blogueurs veulent mettre en avant leur indépendance envers les médias traditionnels et leur réactivité. Un exemple a consisté à « sortir » des informations avant tous les autres pendant l'affaire Monica Lewinsky. De même, la critique des médias traditionnels, supposés vendus à l'adversaire politique, est un puissant levier pour occuper le terrain des blogs. Cette technique a été utilisée aussi bien par les républicains que par les démocrates lors de la campagne précédant la réélection de George W. Bush de 2004 (voir en:Rathergate) ou lors du référendum français sur le traité établissant une Constitution pour l'Europe (voir les dossiers d'Acrimed). De la même façon, l'intervention de multiples blogs politiques lors des échéances électorales françaises de 2007 risque de remettre en question diverses pratiques en matière de démocratie (publication anticonstitutionnelle de résultats avant la fin des scrutins, etc.)
Usenet, qui se promettait au même but, a rapidement perdu en popularité face à l'avènement du Web, submergé par une masse d'informations douteuses noyant les fameux rares scoops et succès contre la censure, systématiquement mise en avant comme justification du phénomène, plombé par les problèmes de spam, excédé par les polémiques incessantes.
Blogs d'entreprise
Certaines entreprises mettent en place des « blogs d'entreprise » publics ou à usage interne [3]. Même si, généralement, les entreprises disposent déjà d'un site Web, le blog d'entreprise permet une communication moins officielle, plus réactive et permettant une interactivité en temps réel.
Les blogs publics permettent de communiquer directement et rapidement avec la clientèle. Un prestataire de services pourra par exemple publier immédiatement un article pour informer sa clientèle en cas de problème technique. Les clients pourront réagir en ligne et éviter ainsi, par exemple, une surcharge du standard téléphonique.
Les blogs d'entreprise à usage interne sont réservés à la communication interne et permettent, grâce aux réactions aux articles, de mesurer le « climat social » d'une entreprise. Le blog d'entreprise permet également de faciliter les échanges entre les collaborateurs d'une entreprise.
Blog pédagogique
Espace numérique prédéfini mais paramétrable. Souple, léger, gratuit, nomade et simple d’utilisation il se caractérise par la mise à disposition des utilisateurs des fonctionnalités multimodales (texte, image, son et vidéo).
Le blog utilisé à des fins pédagogiques permet de développer des pratiques collaboratives et de co-construction à l’intérieur d’espaces éducatifs toujours plus vastes. Il inscrit le travail des enseignants et des apprenants dans une logique possible de conception / développement/ collaboration, dans et hors la classe. Dans cette optique la circulation de l’information doit être pensée et organisée en interne et en externe.
- Interne par une circulation hypertextuelle (liens, nuage de mots clés)
- Externe par la gestion des flux RSS, de liste de diffusion et par liens hypertextes.
L’information peut être distribuée en interne en attribuant des rôles aux membres (gestionnaire, auteur, contributeur, lecteur) et en externe par la possibilité de dépôts de commentaires.
A la différence des environnements numériques prescrits (type ENT), le blog peut se définir comme un environnement numérique choisi. Les compétences s’y exercent librement à l’intérieur du cadre légal contraint du statut d’enseignant.
WarBlog
La notoriété des blogs a notamment été impulsée par les journalistes incorporés dans l'armée US puis des militaires américains lors de la seconde guerre du Golfe en mars 2003. Ces warblogs donnaient l'impression d'une liberté de ton et d'émancipation par rapport aux contraintes éditoriales ou professionnelles. Le warblog est devenu rapidement un symbole. Notons également que des civils irakiens tenaient aussi des blogs très suivis à l'instar de celui de Salam Pax dont certains extraits ont été reproduits dans The Gardian.
Historique
Les blogs sont apparus assez tôt mais n'ont vraiment pris de l'ampleur que récemment en absorbant son public à partir de l'énorme bond en avant de la connectivité Internet dans le monde entier et de la désaffection d'autres médias moins utilisés comme Usenet d'une part et de l'abandon de la complexité des sites perso d'autre part.
Les premiers blogs sont apparus aux États-Unis à la fin des années 1990, comptant parmi ses adeptes des blogueurs comme Jason Kottke, Tristan Louis, Meg Hourihan et Matt Haughey. Leur blog était présenté sous la forme d'un carnet de bord recensant les pages web (au moyen d'une liste d'hyperliens) que l'auteur avait jugées intéressantes, accompagnées de commentaires. Les blogs ont servi dès l'origine à présenter ce type de contenu. D'ailleurs, ce genre reste toujours populaire aujourd'hui dans la blogosphère.
En France, les premières ébauches de blogs apparaissent dès 1989 sur minitel avec des services tels que 3615 LS* qui permettent de créer une architecture hiérarchisée, un nom de domaine personnalisé (exemple LS*MONSITE) et une messagerie personnelle. Ce service, considéré comme dérogeant à la règle de "un identifiant, un service" est supprimé par France Télécom de manière autoritaire en 1990 [4]. Il faudra attendre quelques années pour qu'apparaissent sur Internet les premiers blogs francophones. Par exemple, Montréal, soleil et pluie de Brigitte Gemme en 1995, ou encore La décharge, Le Couac, Mysterious Yanick D., L'organe, Le Scarabée et Ze-Woc en 1996.
Le marché des éditeurs de blog en ligne mit un certain temps à se mettre en place, probablement parce que les blogs pionniers ne généraient pas l'engouement d'aujourd'hui. En effet, Blogger, que l'on considère comme l'un des premiers systèmes de publication et comme instigateur du phénomène, n'est apparu qu'en 1999. Côté francophone, Skyblog, apparu en 2002, est l'un des premiers même s'il ne dispose pas de toutes les fonctionnalités habituellement attendues. Il rencontre un succès rapide, particulièrement auprès des adolescents qui y publient leurs photos essentiellement.
Aujourd'hui, les blogs tendent à mettre à profit les fonctions multimédias du web : photoblog, baladodiffusion, videoblog, mobiblog, webcam etc.
Marché de la gestion de blogs
Le développement de ces sociétés (Skyblog, Six Apart, Over-Blog, Blogger, 20six) totalisent des millions de blogs personnels en 2006) est en pleine croissance : le « marché » du blog a explosé au cours des années 2004 et 2005, et tenir un blog est désormais une pratique courante. La plus grosse part du marché est détenue par Blogger, notamment depuis le rachat de la société par Google. Skyblog et Over-Blog ne font pas le poids face à ce géant, mais restent des acteurs importants si on se restreint au marché francophone.
Il s'établit également une concurrence entre blogs et média/sondeurs. Des opinions s'expriment avec force et de manière nombreuse, à la manière d'un sondage. Notamment, Le Monde héberge de nombreux blogs d'opinions par opposition aux autres plateformes où les blogs sont souvent plus personnels ou divertissants - cette particularité s'explique par le caractère payant des blogs du Monde. Des opinions fortes et charismatiques peuvent même finir par diriger une partie de l'opinion ; on l'a vu lors des dernières élections présidentielles américaines et du référendum sur la constitution européenne en France.
La possibilité d'accueillir sur son blog des régies d'annonces en ligne (comme Adsense) ou des liens commerciaux (Affiliation Amazon) permet au blogueur de générer des revenus. Ainsi, par exemple, un blog qui traite de littérature peut rediriger ses lecteurs vers des librairies en ligne. Des annuaires de blogs fonctionnant éventuellement en tant qu'agrégateur web personnel sont souvent financés par ces services de marketing.
Une autre façon de générer des revenus est d'écrire des articles et des avis sur divers produits (sites, logiciels, téléphones, etc.), à la demande des entreprises. Les entreprises ne sont pas toujours intéressées pas un avis positif, mais par la génération de trafic vers le site et la diffusion d'un buzz à propos de leur produit. Certains sites offrent un service d'intermédiaire entre les entreprises et les rédacteurs de blogs à cette fin.
Blog est issu de l'aphérèse d'un mot composé né de la contraction de « Web log » (c'est-à-dire carnet de bord Web). La francophonie tente de trouver des équivalences ou des alternatives à cet anglicisme, bien que le franglais soit fréquent sur le Web, notamment parmi ses techniciens, qui rendent souvent compte de la nouveauté par le biais d'anglicismes et de néologisme.
Un blogueur / une blogueuse (en anglais blogger) est l'individu qui a l'habitude de bloguer : il écrit et publie les billets, sans entrer dans la composition de tous les commentaires qui y sont associés. La blogosphère est l'ensemble des blogs. Parfois, par métonymie, on désigne l'ensemble des blogs d'une communauté précise : la blogosphère homosexuelle, la blogosphère des standards Web... abrégées en la blogosphère.
Le vocabulaire intuitif potentiel est vaste et participe du buzz autour du phénomène : blogage, blogable, bloguitude, moblog, blogiciel, audioblog, vidéoblog, photoblog, blogogeoisie ou blogeoisie (terme désignant les blogueurs dont les sites sont très visités), bloguien, carnetier/carnetière, carneter (le verbe), carneticiel, carnetable, carnetage, carnetodépendance, carnetosphère, audiocarnet, vidéocarnet, photocarnet, carnetiquette, blook (blouquin), etc. Ces mots nouveaux rendus nécessaires par l'émergence de nouvelles technologies anglophones contrebalancent l'inertie de la langue française.
Franciser l'anglicisme
La francophonie tergiverse sur la souveraineté (et l'orthographe) du mot blog, bien qu'il soit pour l'instant le plus couramment utilisé dans les faits. L'utilisation de la graphie anglaise blog, tel qu'il figure dans les éditions 2006 des dictionnaires Le Petit Larousse et Le Robert, évite l'homographie entre un blog et je blogue.
D'autres équivalents sont détaillés dans ce paragraphe. Le processus d'adoption d'un néologisme s'est déjà vu à de nombreuses reprises dans le milieu informatique, par exemple pour les mots hardware et software dont on a tiré les mots équivalents matériel et logiciel et pour lesquels avaient été proposés des équivalents comme quincaille et mentaille.
L'Office québécois de la langue française (OQLF) soutient la forme francisée blogue[5]. Cette lexicalisation permet en effet de créer les dérivations bloguer, blogueur, bloguesque, etc., d'éviter la confusion bloggeur, blogger et semble être adoptée progressivement par toutes les communautés[6].
En France, la Commission générale de terminologie et de néologie a choisi le mot bloc-notes[7], ce qui rend son utilisation obligatoire pour les administrations et services de l'État français. Ce mot entre en conflit avec la traduction des mots notepad et notebook déjà utilisés par ailleurs en informatique. De plus, il n'autorise pas de dérivés évidents comme blogosphère. Cependant, il est sémantiquement équivalent à blog.
Par ailleurs, d'autres traductions ont émergé çà et là au sein de communautés de blogueurs, sans connaître pour l'instant un grand succès :
cybercarnet, carnet Web (surtout au Québec) ;
journal Web, webjournal ou joueb, qui ne distinguent pas le journaliste du blogueur, à tort selon la majorité des blogueurs.
journal extime n'est pas issue du web mais empruntée à l'écrivain Michel Tournier. Elle décrit étymologiquement un journal intime public, mais ne rend pas compte de la diversité de la blogopshère.
Quelques juristes blogueurs ont proposé bloig (mélange des mots "blog" et "loi") comme traduction de l'anglais blawg (formé sur les mots "blog" et "law", ce dernier signifiant "loi"). La sonorité étant changée par le composé de ce nouveau mot, cybercarnet juridique et blogue juridique sont proposés par l'OQLF.