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chlef
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Date de création :
12.04.2008
Dernière mise à jour :
27.09.2009
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Par youssef, le 15.09.2009
tu te t la fille la lus belle du monde c sa regarde moi cette mohete...
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Par Anonyme, le 12.09.2009
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Par ali, le 09.09.2009
salut tu es belle...
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Par mustapha, le 05.09.2009
fawri a augmente les tarifs de l'adsl et la qualite de la connection et nul pourquoi ,?...
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Par KETIR, le 29.08.2009
merci pour ces rensrignements ,bref monsieur houari kaddour,je tiens a vous informer que je suis infirmière al...
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Par sonia, le 28.08.2009
je t’envoie un salut
plus sucré que le
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...
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Par said, le 24.08.2009
a (d,?):je veux que tu sache que méme moi je toubliré jamais t'es une exception ds ma vie, chaque moment ou le...
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Par hadjer , le 24.08.2009
tu belle belle fille lol ...http://www.do uaouda42.skyblog .com.centerblog. net...
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Par sid ahmed, le 18.08.2009
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Par ???? ?????, le 14.08.2009
mr kaddour
j'ai lu intégralement votre article et il me semble clair et concis.en effet tout y est dit c'est ...
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Par fadila, le 14.08.2009
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Le président Bouteflika est assuré d'être réélu le 9 avril pour un troisième mandat. Mais, depuis dix ans, il est loin d'être seul à tenir le pays. Qui l'appuie, quels sont ses réseaux, quel rôle joue sa famille? L'Express a enquêté.
C'est un scrutin sans suspense : Abdelaziz Bouteflika sera réélu, le 9 avril, président de l'Algérie. Ainsi en sont convenus, une fois encore, ceux que les Algériens appellent les "décideurs", poignée de hauts gradés qui gravitent autour du tout-puissant patron des services de renseignement, le général Mohamed Mediene, dit "Toufik".
L'Express interdit en Algérie
L'Express daté du 2 avril, qui contient cet article, n'a toujours pas pu être distribué en Algérie. Interdiction, censure, rétention d'informations? LEXPRESS.fr fait le point ici.
Et Christophe Barbier réagit à cette "censure inacceptable" dans son édito vidéo, là.
Le chef de l'Etat a obtenu leur feu vert il y a plusieurs mois déjà, lorsqu'ils l'ont autorisé à faire voter par le Parlement un amendement à la Constitution mettant fin à la limitation du nombre de mandats présidentiels. Le texte a été adopté le 12 novembre 2008 par les élus des deux chambres.
Depuis ce jour, Bouteflika sait qu'il restera à son poste aussi longtemps que Dieu lui prêtera vie. Résultat : aucun des ténors de la classe politique n'a souhaité endosser le rôle du challenger.
Pourquoi les "décideurs" ont-ils choisi d'adouber Abdelaziz Bouteflika pour un troisième mandat, en dépit de son âge - 72 ans - et de sa santé défaillante? Parce qu'il leur aurait, comme on le murmure, confié qu'il souhaitait mourir au pouvoir? Faute de candidat de rechange? Il y a peut-être un peu de tout cela.
Jusqu'ici, il a plutôt bien rempli la mission qui lui a été confiée
Mais la raison principale est ailleurs: le chef de l'Etat, de leur point de vue, a plutôt bien rempli, jusqu'ici, la mission qui lui a été confiée.
Plantu/L'Express
Abdelaziz Bouteflika, vu par Plantu, dans L'Express daté du 9 avril.
Pour comprendre, il faut remonter une dizaine d'années en arrière. A l'époque, en 1999, la "sale guerre" contre les islamistes bat son plein, le pays est déchiré et l'image de l'armée est tellement dégradée que certains de ses chefs craignent de faire l'objet de poursuites judiciaires à l'étranger. Ils sont à la recherche d'une personnalité ayant de l'entregent, capable, une fois portée à la tête de l'Etat, d'allumer un contre-feu diplomatique et de faire en sorte que l'Algérie redevienne "fréquentable".
Deux hommes, de ceux qui pèsent au sein du sérail, vont se faire les avocats d'Abdelaziz Bouteflika, charismatique ministre des Affaires étrangères des années Boumediene : le très influent général à la retraite Larbi Belkheir, "parrain" de Toufik - le chef des services lui doit en partie sa carrière - et Abdelkader Koudjeti, un personnage de l'ombre, homme d'affaires et marchand d'armes. Toufik et les siens se laissent assez rapidement convaincre.
Engagé à 19 ans dans l'Armée de libération nationale, Bouteflika fait partie de la "famille". Pendant près de vingt ans, il a été le patron incontesté de la diplomatie algérienne, avant d'être écarté sans ménagements du pouvoir après le décès, en décembre 1978, du président Houari Boumediene.
REUTERS/Zohra Bensemra
Abdelaziz Bouteflika haranguant la foule lors d'un meeting électoral à Alger, le 6 avril 2009.
Le 15 avril 1999, le voilà élu président de la République. Habile à la manoeuvre, il va se servir des attentats du 11 septembre 2001 pour accélérer le rapprochement avec Washington, souhaité par les militaires. Il fait ensuite adopter un premier texte sur la "concorde civile", qui permet de consolider la trêve négociée par les militaires, peu avant son élection, avec les maquisards de l'Armée islamique du salut (AIS).
Ses vrais sponsors, ce sont les hommes d'affaires
Reste la question de l'impunité, qui obsède toujours les généraux algériens. Comment faire en sorte que personne ne puisse être rattrapé par l'Histoire, quel que soit le camp auquel il ait appartenu ? Faut-il une loi nouvelle, qui tournerait définitivement la page des années de sang ? La question est au coeur des discrets échanges qui ont lieu entre Bouteflika et le clan Toufik avant les élections de 2004. Réélu le 8 avril 2004, le président fait approuver par référendum un an plus tard, le 29 septembre 2005, sa Charte pour la paix et la réconciliation nationale, véritable loi d'amnistie générale.
Mission accomplie, donc. Mais, en dix ans, le chef de l'Etat s'est aussi employé à constituer ses propres réseaux. "Si le système est toujours le même, le jeu des équilibres internes est aujourd'hui plus favorable à Bouteflika qu'en 1999", assure un observateur, bon connaisseur du sérail. Belkheir et Koudjeti, les " parrains" du début, sont hors jeu.
En juillet 2004, le chef d'état-major, le général Mohamed Lamari, est poussé à la démission. Il est remplacé par un proche du président, Gaïd Salah. Son départ forcé permet un vaste remaniement : les commandants de quatre des six régions militaires ont été changés. Des nominations que Bouteflika impose avec l'aval du tout-puissant Toufik. Rivaux parfois, les deux personnages savent qu'ils ont un commun intérêt à s'entendre.
Les "années Bouteflika" se sont traduites par la montée en puissance, dans la haute administration et les entreprises publiques, de plusieurs protégés du chef de l'Etat, souvent originaires comme lui de l'ouest du pays : le chef du protocole de la présidence, Mokhtar Reguieg ; Moulay Guendil, dont Bouteflika a fait son chef de cabinet avant de le nommer ambassadeur à Rabat ; Zouaoui Benhamadi, qui dirige l'Agence nationale de gestion des grands projets culturels ; ou encore Toufik Khelladi et Nacer Mehal, les patrons de la radio et de l'agence de presse nationales. Autant de relais utiles... Mais ceux qui apparaissent de plus en plus au grand jour comme les vrais sponsors de Bouteflika, ce sont les hommes d'affaires.
Le Forum des chefs d'entreprise (FCE), le Medef local, soutient ouvertement la candidature du président à sa propre succession. Et la villa du quartier résidentiel d'Hydra, qui abrite son QG électoral, appartient à Reda Kouninef, un richissime patron dont les intérêts vont des travaux publics aux multimédias. La montée en puissance de ce lobby renforce incontestablement la main du chef de l'Etat
Le premier cercle, autour du président, est pourtant ailleurs. Après une traversée du désert d'une vingtaine d'années, Abdelaziz Bouteflika n'avait plus véritablement d'hommes liges lors de son élection, en 1999. Au sein du gouvernement, ses alliés se comptent toujours sur les doigts d'une main : Noureddine Yazid Zerhouni, ministre de l'Intérieur, dont il était proche autrefois ; Abdelaziz Belkhadem, démis en juin 2008, à la demande du clan Toufik, de son poste de Premier ministre et nommé depuis ministre d'Etat ; le chef de la diplomatie, Mourad Medelci ; la ministre de la Culture, Khalida Toumi...
La vraie garde rapprochée du chef de l'Etat, depuis son retour, c'est sa famille. Sa mère, Mansouriah, règne aujourd'hui encore, à plus de 90 ans, sur le clan, à la manière d'une mamma sicilienne. Son président de fils lui voue une admiration sans bornes. Il est rare qu'il prenne un engagement important sans lui demander son avis. Très croyante, elle serait, dit-on, à l'origine de son retour à la religion, au lendemain de son hospitalisation, en novembre 2005, à l'hôpital du Val-de-Grâce, à Paris, officiellement pour un ulcère hémorragique de l'estomac. Elle l'aurait même convaincu d'aller remercier Dieu de sa guérison en effectuant un pèlerinage à La Mecque, avant que Toufik, qui craignait que le convalescent ne supporte pas le voyage, mette le holà à ce projet.
Le chef de l'Etat est aussi resté très proche de ses quatre frères et de sa soeur. Secrétaire général du ministère de la Formation professionnelle, Abderrahim est le plus discret. Avocat au barreau de Paris, Abdelghani a surtout fait parler de lui lors de l'affaire Khalifa, une société d'abord soutenue puis lâchée par le pouvoir, dont la banqueroute frauduleuse donnera lieu en 2006 à un énorme scandale. Mustapha, médecin personnel du président, joue un rôle essentiel compte tenu de sa santé.
Le président Bouteflika est resté très proche de ses frères et de sa soeur. Ici, avec Abderrahim, à g., et le benjamin, Saïd, l'"oeil du roi", à droite.
La seule fille de la famille, Latifa, tient sa maison - une grosse villa dans le quartier huppé d'El-Biar - et lui mitonne ses plats favoris. Selon un familier du sérail, elle se serait vu attribuer par "décret non publiable" le titre de conseiller. Mais le personnage le plus important de la fratrie est sans aucun doute le benjamin, Saïd, tout à la fois directeur de cabinet du président, grand chambellan et porte-parole, voire même joker, lorsque la maladie oblige le chef de l'Etat à s'éclipser.
L'homme clef? Saïd, son jeune frère. Il le suit comme son ombre
Ces jours-ci, il fait en plus office de directeur de campagne, même si le poste a été officiellement confié à Abdelmalek Sellal, par ailleurs ministre des Ressources en eau. Saïd est l'« oeil du roi ». C'est lui qui reçoit les hommes d'affaires, les chefs des zaouïas (confréries traditionnelles), les directeurs de l'administration ou les dirigeants d'associations. Lui encore qui introduit et adoube. En campagne, il suit son frère comme son ombre, ne ratant aucun meeting. Ancien élève de l'école polytechnique d'El-Harrach, il a été, dans une autre vie, prof de physique à l'université Houari-Boumediene des sciences et des technologies. A l'époque, il flirtait avec le trotskisme et il était très engagé dans le syndicalisme enseignant.
Peut-il être considéré comme un possible dauphin ? Peu croient à cette thèse : Bouteflika reste, souligne un analyste, un "actionnaire minoritaire" de la maison Algérie... Or c'est le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, qui aurait les faveurs du clan Toufik. La bataille pour la désignation d'un successeur a été mise entre parenthèses à la fin de l'an dernier, lorsque les deux clans ont renoncé, faute d'accord, à créer un poste de vice-président dans le cadre de la réforme constitutionnelle. Gageons qu'elle reprendra de plus belle au lendemain du scrutin.
En attendant, Abdelaziz Bouteflika fêtera, le 15 avril, ses dix années à la tête de l'Algérie. Une belle revanche pour celui qui avait vécu comme une trahison, il y a trente ans, son éviction
Abdelaziz Bouteflika de plus en plus affaibli.
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De quoi Abdelaziz Bouteflika, souffre-t-il au juste? On savait que le président algérien était sous dialyse depuis son accession au palais de la Mouradia en 1999. On savait aussi qu’il avait subi une intervention chirurgicale rénale en 1985 aux Etats-Unis. Mais, depuis sa dernière admission à l’hôpital militaire Val de Grâce, le mercredi 19 avril 2006, on commence de plus en plus à évoquer une maladie beaucoup plus grave: un cancer de l’estomac. Selon la version officielle, la réadmission de Bouteflika, intervenue cinq mois après une opération chirurgicale pour ulcère hémorragique de l’estomac, a été présentée comme une simple visite de routine pour suivi médical. Aujourd’hui, cette version suscite de nombreuses interrogations. Bernard Debré, le député UMP de Paris et chef du service urologie de l’hôpital Cochin, n’a pas caché son scepticisme. Cinq mois auparavant, il avait déclaré: «Il est très difficile de faire un diagnostic. S’il est vrai qu’il a commencé par une hémorragie digestive, il est vraisemblable qu’il s’agisse d’un cancer de l’estomac». Aujourd’hui, il récidive sur les colonnes du journal français Le Parisien en affirmant: «On ne doit pas nous prendre pour des naïfs. Ce qu’on nous annonce ne cadre pas avec ce qui se passe. Quand un ulcère hémorragique a été traité puis guéri, il s’agit d’effectuer un simple contrôle fibroscopique, qui peut être fait dans n’importe quel hôpital algérien. On peut se demander pourquoi Bouteflika vient à Paris pour un contrôle aussi simple». |
Houari Boumediene et le contexte socioéconomique du «boumedienisme»
Volontarisme, mythe égalitariste et limites objectives d’une politique
Que s'est-il passé le 5 juin 1965 en Algérie ? Un coup d'Etat fomenté par le colonel Boumediene contre le président civil Ben Bella. L'Algérie venait à peine de naître à son indépendance. Des divergences énormes existaient entre les dirigeants de la révolution, surtout pour des questions de leadership. De ce fait, le pays était réellement menacé de guerre civile. Boumediene, pas plus que sa victime Ben Bella, n'avait de légitimité démocratique. Le coup d'Etat s'inscrit dans le prolongement de ces divergences, il en est la cristallisation et, tout à la fois, le dénouement. Un coup d'Etat est un coup d'’Etat, condamnable en soi, mais ignorer son contexte conduit à défigurer sa nature. Les acteurs des deux parties ont donné leurs versions, c'est à l'histoire qu'il appartiendra de trancher. Le coup d'Etat du 5 juin 1965 est condamnable sur le plan du principe, il n’y a pas de doute là-dessus. mais sur le plan de la réalité, il y a forcément des nuances importantes à tout jugement définitif. Parmi lesquelles celle-ci : un homme avait pris le pouvoir grâce au soutien déterminant d'un autre homme dont il a voulu par la suite se passer. L'affrontement devait être inévitable, il le fut. La démocratie n'y a rien gagné, et on aura beau aujourd'hui, plus de quarante années plus tard, dire qu'elle avait ses chances sans ce coup d'Etat, aucun historien sérieux ne pourrait l'affirmer. Il reste que pour le pays en général, la stabilité était de mise, à un moment où personne n'aurait parié un douro sur elle. Du moins jusqu'au décès du colonel président. Faut-il pour autant rendre hommage à un procédé que tout bon sens, toute morale, condamnent sans appel ? Non bien sûr. Il suffira alors de dire que le coup d'Etat du 5 juin 1965 a consacré une triste réalité, dont il est la conséquence immédiate, et qu'il a tenté paradoxalement de dépasser, non sans un certain succès. C'est tout le gris-clair d'une époque dont nous sommes les héritiers aujourd'hui.
Sur la période de quarante-sept ans après l’indépendance du pays, les treize années du règne de Houari Boumediene (1965-1978) paraissent encore aux yeux de beaucoup d’Algériens d’aujourd’hui comme les plus présentes et les plus prégnantes.
Même pour la jeune génération qui ne se souvient que confusément de la période Chadli Bendjedid, le mythe a fait son effet et, de ce fait, les jeunes ont une connaissance presque parfaite du legs de l’homme du Conseil de la Révolution.
Cette forme de «mythification» a joué dans les deux sens ; c’est-à-dire aussi bien pour les fanatiques et inconditionnels de l’homme des trois révolutions que pour ses détracteurs accusés à l’époque de «réactionnaires», «cinquième colonne» et autres «partisans du néocolonialisme». Pour tout dire, c’est une période et un règne qui ont laissé leurs traces dans la marche de l’Algérie actuelle, et ce, dans presque tous les domaines de la vie économique, sociale et culturelle.
Avec les conquêtes sociales de l’époque et le souvenir encore vivace d’une guerre atroce qui aura duré presque huit ans, le mode d’accès au pouvoir du colonel Boumediene – un coup d’Etat classique présenté comme un «redressement révolutionnaire» – a fini presque par être relégué au second plan, voire oublié par ses admirateurs parmi le peuple. Il n’était un point de fixation que chez une «élite» politique qui se faisait un «point d’honneur» de rappeler que le colonel n’a pas été élu au suffrage universel. Quelle que soit notre position vis-à-vis d’une politique qui était la sienne, l’on ne peut cependant nier le suffrage dont il jouissait auprès des pauvres, des opprimés et des offensés. Ces catégories, chair à canon de l’ordre colonial et main-d’œuvre taillable et corvéable à merci, avaient le sentiment, sous le règne de Boumediene, d’être regardés et traités comme des êtres humains. Les promesses de la révolution – où le désir légitime de promotion sociale s’est confondu avec certains fantasmes (par exemple de vivre en ville pour remplacer le «gaouri» et dans un égalitarisme parfait qui exclurait les contrastes sociaux – ont trouvé dans l’œuvre de Boumediene un début d’application dans une euphorie si intense et si générale qu’il ouvrait en même temps la porte à toutes sortes de dérives populistes. Ces dernières n’ont été reconnues comme telles que plus de dix ans après la disparition de leur inspirateur.
Avec le regard d’aujourd’hui, il est certainement trop facile de reprocher au règne de Boumediene l’absence de démocratie et la pratique d’un pouvoir personnel. Ce serait vite oublier que, en plus de la fraîcheur de notre indépendance et du taux considérable d’analphabètes (plus de 80% de la population), la bipolarisation stricte de l’ordre du monde de l’époque ne laissait quasiment aucun choix aux pays libérés du colonialisme. Ils étaient sommés de suivre l’axe de Moscou ou celui de Washington. Pour l’Algérie, ce fut plutôt Moscou, même si une certaine marge d’autonomie avait permis au président Boumediene de nouer de bonnes relations avec des pays occidentaux.
Dans la gestion des affaires de l’Etat comme dans les choix économiques et sociaux développés par Houari Boumediene, il est difficile d’établir une relation de cause à effet entre sa formation (la Zitouna en Tunisie, puis l’université d’El Azhar du Caire) et la pratique du terrain qu’il a eu à exercer. C’est plutôt à partir de son extraction sociale modeste et de son action sur le terrain pendant la guerre de Libération qu’il faut peut-être chercher à savoir l’idée qu’il se fait de l’action politique et de la gestion économique.
La fin de la «période d’observation»
L’accession de Houari Boumediene à la tête de l’Etat algérien un certain 19 juin 1965, au-delà de son aspect événementiel et de l’entorse au formalisme juridique qu’il charrie, correspond à la fin d’une «période d’observation» de trois ans au cours de laquelle les Algériens ont voté par un «oui» écrasant au référendum d’autodétermination, crié leur révolte et leur indignation face à la guerre des wilayas, reçu une Constitution rédigée et annoncée dans une salle de cinéma et, enfin, vécu dans le déchirement les maquis du FFS et la répression qui s’en est suivie. Ce fut également pendant ces années-là que furent publiés les décrets relatifs à l’autogestion des fermes agricoles abandonnées par les colons (mars 1963). D’autres collectivisations presque anarchiques ont été décidées sous le règne de Ben Bella.
Cet intervalle de flottement a été mis à profit par Boumediene pour asseoir son autorité sur l’armée en tant que ministre de la Défense et pour se rapprocher de Djamal Abdelnacer qui donna déjà sa «bénédiction» à Ben Bella en 1963.
C’est au cours de ces années d’euphorie et d’interrogations (1963-1965) que les populations et l’encadrement européen d’Algérie quitteront en masse le pays. Juste après le cessez-le-feu, les premiers départs furent inévitablement ceux ayant affecté les Français et autres Européens impliqués dans l’organisation de l’OAS, ainsi que les harkis. Les administrations, les écoles et les entreprises gardèrent encore leurs personnels européens rejoints peu à peu par les Algériens. Cependant, les orientations «socialisantes» de Ben Bella et autres comportements hyper-nationalistes décidèrent peu à peu les Européens à partir vers la Métropole et à céder les organes du pouvoir technique et administratif aux Algériens. Par une certaine ironie de l’histoire, des pieds-noirs reviendront quelques années après vers leur patrie de naissance dans le cadre de la coopération technique (enseignement scolaire et universitaire, entreprises nationales…)
Une fois installé comme organe de direction du pays, le Conseil de la Révolution traitera le régime de Ben Bella de tous les noms où la dictature, la soif du pouvoir et le pouvoir personnel rivalisent de présence. Une scène vidéo mise en ligne sur «You Tube» fait voir le responsable du parti du FLN de l’époque, Kaïd Ahmed, reprocher à Ahmed Ben Bella son «amateurisme» et son goût immodéré pour le «pouvoir personnel». Les analystes de la période postérieure, celle de Boumediene en l’occurrence, seraient gênés de trouver des mots ou des chefs d’accusation plus incisifs ou plus éloquents. On sait dans quel état de disgrâce se retrouvera quelques années plus tard Kaïd Ahmed lui-même. L’histoire semble se répéter pour les gens qui veulent en ignorer le mouvement et la philosophie.
Cependant, mettant à profit les attentes du peuple en matière de désir de promotion sociale et usant de toute son intelligence d’homme de terrain, Houari Boumediene parvint en peu de temps à oblitérer le nom et le règne de Ben Bella. C’est une mythologie d’une nouvelle libération qui se met à l’œuvre.
«Un État qui survive aux hommes et aux événements»
Il faut admettre que la valeur et le poids qu’on a voulu donner à la déclaration du 19 juin 1965 sont ceux dont a bénéficié d’une façon sacrée la déclaration du 1er Novembre 1954. Lu à la radio le matin du 19, au moment où les chars de l’ANP avaient déjà pris position dans les coins les plus stratégiques de la capitale, ce texte servit de «missel» pendant les quelques années de vide institutionnel qui nous séparent de la Charte nationale de 1976. C’est pendant la nuit du 18 au 19 juin 1965 que, en même temps que l’arrestations de Ben Bella, eut lieu la saisie de l’épreuve d’Alger Républicain destinée à l’imprimerie. Ce que Ben Bella commença en matière de répression politique en interdisant le parti communiste algérien (PCA), Boumediene l’achèvera par l’interdiction du journal qui en exprimait les idéaux.
La déclaration du 19 juin, par-delà les accusation directes ou implicites de l’ancien régime, porte un bel idéal que Boumediene voulait sans doute sincèrement servir. D’ailleurs, onze ans plus tard, il réussira à le faire inscrire dans le préambule de la Charte nationale. Il s’agissait pour lui de fonder un Etat
«qui survive aux hommes et aux événements». Mais, à bien y regarder, ce beau principe n’était-il pas étouffé par une contradiction fondamentale, celle qui fit que l’édifice institutionnel et politique de l’époque fut d’abord la réalisation d’un homme, la vision et les vœux d’une personne, dût-elle être secondée par «un brain-trust» posté en arrière-fond ? C’est, en tout cas, ce qui se vérifiera très rapidement à la mort du président du Conseil de la Révoltion en décembre 1978 lorsque des voix nouvellement autorisées apprirent au peuple que la seule institution organisée est l’Armée nationale populaire, et c’est donc à elle qu’échoira la charge de désigner le successeur de Boumediene. A cette désignation, il fallait trouver une sacrée légalité : d’abord la personne désignée sera candidate, unique il est vrai, à une élection. Ensuite, répondant à des critères imparables : le plus ancien dans le grade. Il y a une seule personne dans les rangs de l’ANP qui répond à ce fameux critère : Chadli Bendjedid.
Volonté et limites de la politique de développement
Par-delà la vie institutionnelle et associative, verrouillée à la limite de l’étouffement, le règne de Houari Boumediene est surtout marqué, comme le retient la mémoire populaire qui en fait un mythe, par des conquêtes sociales indéniables et le fondement des bases économiques du pays. La lutte contre le sous-développement économique et culturel, censée prolonger et raffermir l’indépendance politique arrachée de haute lutte par le peuple algérien, fut l’élément moteur de la politique de Boumediene. C’est au travers de ses paradigmes et au nom de ses principes que seront menés concomitamment les plans de développement inhérents à l’industrie, à l’agriculture et aux infrastructures de base. C’est un «mouvement particulier de la société algérienne qui veut s’arracher, à travers de multiples obstacles, au sous-développement économique et social, produit de la domination impérialiste», comme le note le professeur en économie Mohamed Lakhdar Benhassine dans sa préface à l’ouvrage de Marc Ecrement intitulé Indépendance politique et libération économique (Un quart de siècle du développement de l’Algérie 1962-1985). Benhasssine ajoute : «L’industrialisation est un mouvement de la politique de développement qui oscille entre la volonté soutenue pour créer une base industrielle susceptible d’atténuer certaines formes de vulnérabilité de l’économie, et la réalité de la diversification et de l’approfondissement de cette vulnérabilité, de cette dépendance de l’activité économique vis-à-vis du marché capitaliste international».
Des analystes font généralement la distinction entre, d’une part, la voie auto-gestionnaire de Ben Bella commencée dans les fermes abandonnées par les colons et confirmée dans le texte de la Charte d’Alger de 1964, et d’autre part, la démarche de Boumediene consistant à vouloir instaurer un Etat fort, centralisé et dont la politique de développement est basée sur la planification. Le premier recensement de la population après l’Indépendance fut réalisé en 1966 et établit une population de 12 millions d’habitants. Les premières nationalisations intervinrent entre 1967 et 1969 (six compagnies minières étrangères). C’est pendant cette période que les Assemblées populaires communales (APC) et les Assemblées populaire de wilaya (APW) ont été mises en place. Des programmes spéciaux pour corriger quelques équilibres de développement dans quatre wilayas ont été lancés, de même qu’un plan triennal (1967-1969) a été lancé à titre d’essai. Le nombre de wilayas est resté le même (15) que celui hérité de la colonisation. Ce n’est qu’en 1974 que ce nombre sera porté à 31.
La nationalisation des hydrocarbures le 24 février 1971, date anniversaire de la création de l’UGTA dans le feu de la guerre en 1956, demeurera l’un des «mythes fondateurs» de la politique de Boumediene orientée vers le «patriotisme économique». C’est la même année, 1971, que fut aussi promulguée la Charte de la Révolution agraire et adopté le système de la Gestion socialiste des entreprises (GSE).
Ces choix socialistes seront confirmés et approfondis dans la Charte nationale de 1976 que le gouvernement de Boumediene soumit à un référendum. Ce document fondamental de la politique de Boumediene affirme que «le socialisme en Algérie se propose un triple objectif : la consolidation de l’indépendance nationale, l’instauration d’une société affranchie de l’exploitation de l’homme par l’homme et la promotion de l’homme et son épanouissement».
De grandes entreprises publiques ont été créées aussi bien dans le domaine de la production que dans celui de la commercialisation. C’est, d’une façon quasi exclusive, l’Etat qui produit, qui distribue, qui achète et qui vend.
Débuts de la dépendance et déclin du boumedienisme
Les limites de ce système d’organisation commenceront à voir la jour vers la fin du règne de Boumediene. La part des hydrocarbures dans le produit intérieur brut (PIB) était de 30% en 1970. Il ne cessera de croître et de dominer la vie économique. Il dépassera 50% du PIB au début du règne de Chadli Bendjedid. Et on connaît la suite de l’histoire lorsque, en 1984, les prix du baril déclineront rapidement pour aboutir à 8/10 dollars en 1986. L’explosion d’octobre 88 était déjà à nos portes.
La relation «charnelle» entre l’Algérie et le pétrole a débuté, dans une belle épopée, il y a plus d’un demi-siècle. La nature a doté notre pays d’immenses réserves pétrolière et gazières dont on n’a sondé apparemment qu’une partie. Depuis le milieu des années cinquante, sous la domination coloniale, le destin économique et social du pays sera progressivement transformé en fonction de la fortune qui sera réservée à l’exploitation d’une énergie qui finira par prendre dans ses griffes l’économie mondiale dans sa globalité. Le président Boumediene a été élu en 1973 président du Mouvement des pays non-alignés lors de la 4e conférence des chefs d’Etat de ce Mouvement à Alger. La montée en puissance de ce mouvement, couplée avec le poids de l’OPEP comme cartel pétrolier, va peser de son poids sur la scène mondiale.
Le succès de l’OPEP en 1973 a marqué le point culminant d’une évolution progressive des forces en présence dans le sens d’une augmentation de la puissance des pays exportateurs. Les plus importantes de ces forces étaient les suivantes : l’évolution du rapport entre la demande et l’offre mondiales de pétrole, la détermination de plus en plus affirmée des nations arabes riches en pétrole de s’en servir comme d’une arme contre Israël, et une série de modifications dans la situation pétrolière des Etats-Unis. La demande mondiale de pétrole brut a augmenté rapidement jusqu’en 1973. La consommation mondiale d’énergie a augmenté à un taux d’un peu plus de 5% par an entre 1950 et 1972.
La part du pétrole dans la consommation mondiale d’énergie est passée au cours de la même période de 29% à 46%, si bien que la consommation de pétrole a elle-même augmenté d’environ 7,5 % par an, taux de croissance bien supérieur à celui de la production mondiale de l’ensemble des produits. L’offre mondiale de pétrole brut a augmenté au moins aussi vite que la demande mondiale. Les réserves prouvées représentaient à la fin de 1972 environ 34 ans de consommation mondiale. On était parvenu à maintenir, bon an mal an, ce rapport entre les réserves et la consommation annuelle, en dépit de la croissance rapide de la consommation de pétrole à partir du milieu des années cinquante.
Mais la demande mondiale a augmenté beaucoup plus vite que l’offre des pays extérieurs à l’OPEP. Les découvertes pétrolières postérieures à la seconde Guerre mondiale ont été très inégalement distribuées entre les pays.
«La main invisible d’Allah a doté l’OPEP de l’essentiel du pétrole mondial», ironisent deux professeurs MIT (Massachusetts Institut of Technology), Lindert et Kindleberger, dans leur ouvrage collectif intitulé Économie internationale.
En effet la part des pays de l’OPEP dans la production mondiale de pétrole brut est passée d’environ 20% en 1938 à plus de 40% en 1960, date de la création de l’OPEP, pour atteindre plus de 50% à la veille du premier choc pétrolier.
En octobre 1973, à l’occasion de la guerre isrëlo-arabe dite du Kippour, les pays arabes adoptent des mesures d’embargo sur leurs livraisons de brut ; l’OPEP en profite pour décider unilatéralement des hausses des prix. En l’espace de six mois, le prix du baril du brut de référence est passé de 2,9 dollars à 11,6 dollars.
La montée en flèche du poids des hydrocarbures dans l’économie algérienne constituera un «piège» qui sera rapidement renforcé par l’échec de la politique agricole basée sur les nationalisations. Outre le fait que les 2 millions d’hectares des terres agricoles relevant du domaine privé de l’Etat (anciennes fermes coloniales) vivaient un flottement préjudiciable en matière de gestion, ce qui annonçait déjà l’échec de cette forme d’organisation, les terres nationalisées dans le cadre de l’application des principes de la Révolution agraire n’étaient pas livrées à meilleur sort. Le régime de Boumediene se «permit» de monter des ennemis contre lui parmi les anciens propriétaires de ces terres.
L’industrie industrialisante avait le double inconvénient de l’impréparation et du gigantisme. Les usines étaient réalisées clefs en main, ce qui entraîne une dépendance technologique totale lorsqu’il s’agit d’opérer des entretiens techniques et un renouvellement des équipements ou pièces de rechange. A cela s’ajoute le problème du marché dont les débouchés n’avaient aucune garantie.
En outre, un certain élan démagogique, entretenu idéologiquement par les ténors et les activistes du parti unique, a fini par éloigner les unités de production de la gestion rationnelle. Les pléthores du personnel improductif et les découverts bancaires étaient plutôt une règle qu’une exception.
La fin du règne de Boumediene sur le plan économique et social est caractérisée par une base industrielle bien disséminée mais fortement vulnérable sur le plan technologique et sur le plan de la disponibilité des matières premières ; un secteur agricole fortement destructuré qui a du mal à maintenir les performances techniques et économiques du régime colonial ; un secteur des services qui commençait à prendre de l’ampleur à la faveur des la montée en puissance de la rente pétrolière.
En tout cas, tout jugement «rétroactif» (anachronique et non contextualisé) de la politique économique suivie par Boumediene ne peut avoir une valeur épistémologique efficace. En outre, toute tentative de ce genre devrait prendre en compte la personnalité du principal acteur de ce régime, à savoir le président Boumediene lui-même, sur le plan moral et des intentions qui ont nourri son action politique.
Le pouvoir est convaincu que son ennemi est à l’intérieur du peuple par HOUARI Kaddour
Comme je doit rappel que le pouvoir algerien depuisLe 18mars 1962, un accord de cessez-le-feu fut signé à Évian entre les autorités françaises et les représentants du FLN. Les accords d'Évian prévoyaient la tenue d'un référendum. En juillet, l'Algérie vota à une écrasante majorité pour l'indépendance. Près d'un million de Français d'Algérie quittèrent précipitamment le pays avant la fin de l'année, dans des conditions souvent difficiles.
La guerre d'Algérie fut l'une des plus longues guerres de décolonisation. Elle marqua durablement les esprits, algériens et français, tant par les drames humains qu'elle provoqua que par ses conséquences politiques. Elle conféra également au peuple algérien et à ses dirigeants un énorme prestige dans le monde arabo-musulman et, plus largement, dans le tiers-monde. L'Algérie indépendante: les caciques du FLNL es présidences de Ben Bella et de Boumédiène
L'Algérie accéda à l'indépendance dans un climat de guerre civile et d'intenses luttes pour le pouvoir. Incarcéré en France depuis 1956,Ahmed Ben Bella fut libéré après la signature des accords d'Évian. Il s'opposa au GPRA, qu'il chassa d'Alger grâce au soutien du chef d'état-major de l'Armée de libération nationale (ALN), lecolonel Houari Boumédiène!; dans le nouveau paysage politique algérien, l'armée de l'extérieur prenait l'avantage sur les maquis de l'intérieur. En septembre 1962, Ben Bella fut élu président de la République algérienne démocratique et populaire. Il remplaça Mohammed Khider à la tête du bureau politique du FLN en avril 1963, et suspendit la Constitution en octobre suivant.
Mais, le 19juin 1965, il fut destitué par le Conseil de la révolution que présidait Boumédiène, lequel lui reprochait ses méthodes de gouvernement autoritaires. Emprisonné et assigné à résidence, il fut ensuite exilé en France, puis en Suisse, où il devait fonder, en 1984, le Mouvement pour la démocratie en Algérie (MDA).
Adepte d'un socialisme autoritaire, Boumédiène gouverna le pays à partir de juillet 1965. Il mit en place un pouvoir fort, appuyé par l'armée. Bâtisseur de l'Algérie moderne, il permit au pays d'acquérir une stature de premier plan sur la scène internationale, en lançant, notamment, à l'Organisation des Nations unies, l'idée d'un nouvel ordre économique mondial en 1974.
Sur le plan intérieur, l'ère Boumédiène fut celle des nationalisations des secteurs essentiels de l'économie et de la priorité donnée au développement de l'industrie lourde, fondée essentiellement sur les hydrocarbures, au détriment du secteur fondamental de l'agriculture. Boumédiène perçut lui-même les dysfonctionnements du système peu avant sa mort, survenue en décembre 1978. Le colonel Chadli Bendjedid lui succéda.
En janvier 1979, le IV e congrès du FLN accorda les pleins pouvoirs au colonel Chadli Bendjedid, qui devint secrétaire général du Parti et fut désigné comme candidat unique à la présidence de la République. Le 7février 1979, le peuple algérien ratifia ce choix, et Chadli succéda ainsi officiellement à Houari Boumédiène.
Il fut réélu pour un deuxième puis pour un troisième mandat en janvier 1984 et en décembre 1988. Dès son arrivée au pouvoir, Chadli engagea une politique de libéralisation économique et sociale. S'il maintint la politique étrangère de non-alignement qu'avait inaugurée son prédécesseur, il prit cependant ses distances avec l'Union soviétique, effectuant une visite officielle aux États-Unis en 1985.
Sa présidence avait suscité de nombreux espoirs, mais il se forgea vite une réputation de prodigalité à l'égard de son clan, venant renforcer le climat de corruption qui régnait déjà dans le pays. C'est à cette époque qu'apparurent les premiers maquis islamistes, avec l'équipée d'un ancien combattant du FLN, Mustapha Bouyali, dont le Mouvement islamique armé (MIA) tint le maquis de 1982 à 1985.
En octobre 1988, à Alger, des émeutes de la faim opposèrent principalement les jeunes, premières victimes de la faillite du modèle de développement algérien, aux forces de sécurité. Elles furent sévèrement réprimées, mais elles devaient contribuer à l'accélération de la politique de réforme du régime.
Chadli fit adopter par référendum une nouvelle Constitution en février 1989, qui ouvrit l'Algérie au multipartisme. En juin 1990, le Front islamique du salut (FIS) remporta les premières élections municipales démocratiques. Les résultats qu'obtint ce parti confessionnel, qui avait su exploiter le désarroi d'une partie de la population algérienne lors du premier tour des élections législatives, en décembre 1991, provoquèrent un putsch militaire.
Le président Chadli fut destitué le 11janvier 1992 par l'armée, qui interrompit le processus de démocratisation tandis que le Haut Conseil de sécurité (HCS) annulait le résultat des élections. Le FIS fut dissous en mars 1992, une politique de répression fut mise en œuvre contre les islamistes, lesquels répondirent par la lutte armée et le terrorisme.
La seconde guerre d'Algérie
Une nouvelle fois, il fut fait appel à un héros de la guerre d'indépendance pour tenter d'apaiser la situation. Mohamed Boudiaf fut placé par le HCS à la tête d'un Haut Comité d'État (HCE), détenteur du pouvoir exécutif. Mais son assassinat, le 29juin 1992, marqua le début d'une véritable guerre civile. La violence procédait autant des groupes islamistes armés (GIA et AIS), qui ont également porté le terrorisme sur le sol français, que des forces militaires et paramilitaires. Elle n'a cessé de s'étendre pour toucher la Kabylie, d'abord épargnée, et même les régions sahariennes, où se trouvent les gisements pétrolifères et gaziers.
La Ligue algérienne pour la défense des droits de l'Hommeet sept formations politiques, dont le FLN, le FFS et le FIS, se faisant les porte-parole de la société civile prise au piège de l'affrontement entre pouvoir et islamistes, ont refusé la logique de guerre et pris position pour l'ouverture de négociations politiques, préalablement à la tenue de l'élection présidentielle, annoncée pour décembre 1995. La "!plate-forme pour une solution politique et pacifique de la crise algérienne!", signée à Rome en janvier 1995, demandait, entre autres, la libération des responsables du FIS et de tous les détenus politiques ainsi que l'annulation de la décision de dissolution du FIS. Elle a été rejetée par Liamine Zéroual, nommé chef de l'État par le Haut Conseil de sécurité (HCS), en janvier 1994, après la fin du mandat du HCE.
Le discours nationalistedont il a usé, notamment à l'égard de la France, premier État occidental concerné par la situation en Algérie, a contribué à son élection à la présidence, le 16novembre 1995. La population algérienne, y compris les quelque 2millions de personnes vivant en France, a participé massivement à ce scrutin (75p.100), manifestant son rejet de la violence et sa volonté de ne pas voir le destin du pays décidé sans qu'elle y soit associée.
L'évolution du conflit demeure complexe. L'armée, qui a protégé les consultations électorales, l'élection de Liamine Zéroual et le référendum sur la mise en place d'une nouvelle Constitution en novembre 1996, semble faire une guerre à distance sans provoquer d'affrontement direct. Elle protège l'"!Algérie utile!", les installations pétrolières, mais engage peu ses unités dans une lutte à mort dont elle craint l'issue. L'essentiel de l'effort de guerre est assumé par les unités spéciales, la gendarmerie et les gardes patriotiques, milices armées par le pouvoir. Le terrorisme est jugé par le pouvoir comme "!résiduel!", alors que, quotidiennement, des Algériens sont tués par l'explosion de voitures piégées ou massacrés par dizaine dans des villages ou des fermes isolées.
En quatre ans, vraisemblablement plus de 100.000 personnes ont trouvé la mort dans ce conflit, qui aurait aussi causé 10 milliards de pertes matérielles. Les élections législatives du mois de juin 1996 ont été précédées d'un renforcement des opérations de police destinées à nettoyer les maquis et à inciter la population à se rendre aux urnes. Remportées par le Rassemblement national démocratique (RND) de Lamine Zéroual, elles ont néanmoins permis l'entrée massive de l'opposition au Parlement. Première Assemblée multipartite depuis l'indépendance de l'Algérie, la nouvelle Chambre disposera cependant de pouvoirs très réduits, le président concentrant entre ses mains l'essentiel du pouvoir.
Les dafistes, le clan d’Oujda et d’ailleurs et les opportunistes d’ici et d’ailleurs dépensent nos richesses pour rester au pouvoir. Ils ne sont, nullement, intéressés par la construction, la modernisation et le développement de notre pays comme il dit monsieur HOUARI kaddour . Ils ne travaillent pas dans le but d’instaurer une paix sociale, une justice qui sera au service des lois et des victimes et une solidarité qui permettra aux plus fragiles et aux plus pauvres d’accéder au savoir, aux soins de bonnes qualités et à un espoir qui leur permettra d’aspirer à un avenir meilleur.
Le pouvoir est convaincu, que son ennemi, est à l’intérieur du peuple, que son trône est menacé par ceux qui désirent un Etat fort et au service de la nation entière et que les puissances extérieures les soutiendront sans qu’ils ne le payent un prix très fort (nous savons tous que l’argent engrangés par le pétrole et le gaz ne revient pas en Algérie ou ils revient sous forme de produit prêt à consommer, donc, non générateur ni de savoir faire, ni de richesses produites par nos travailleurs et enfin, il ne revient, jamais, sous forme de transfert de technologie qui sera au service d’une économie créatrice, productrice et capable de nous amener à une autonomie réelle).
Le pouvoir met toute sa puissance: financière, militaire, policière et administrative au service du contrôle et puis de l’élimination ou de la neutralisation de toute menace, issue de son peuple, qui risque de mettre, en cause: leurs privilèges, leurs richesses illicites et leurs impunités concernant leurs actes criminels organisés, planifiés et réalisés contre: notre économie (gaspillage, bradage, projets inutiles et coûteux, retards entraînants des coûts faramineux…), notre élite (exil, assassins, mise à l’écart, salaire minable pour les maintenir dans la pauvreté…), destruction progressive de notre école et de nos universités (manque de moyen, de livres, de revues scientifiques, politisation pernicieuse…), falsification de notre histoire, propagandes (pour diviser, créer la méfiance entre les gens…), rumeurs, corruption, terreur, guerre, manipulations…sont les autres moyens utilisés jusqu’à l’usure par le pouvoir afin de se maintenir et de durer.
Le pouvoir n’a, en somme, qu’un projet affaiblir le peuple et l’opposition et continuer à s’asseoir sur nos richesses et les dilapider. Le facteur humain est, totalement, ignoré et négligé, sauf, s’il se met à son service et au service exclusif de ses intérêts. Je l’ai dit ici ou là, que ce pouvoir, a bradé 100 milliards de neurones fois 35 millions pour s’accaparer des 50 milliards de dollars qui rentrent dans les caisses de l’état (virtuellement puisque l’état est virtuel).
Les richesses pétrolières sont appelées à baisser et à s’épuiser mais la richesse humaine (intellectuelle, morale, culturelle, sportive…) durera, autant que durera, la vie. Alors, à quand, un pouvoir qui pourra se construire sur elle, pour notre bien à tous? Je ne pense pas que ça sera possible tant que ceux qui ont volé notre indépendance seront encore au pouvoir
Hocine AIT AHMED : « Ne jamais désespérer de voir s’accomplir un idéal de justice et de liberté. »
« Déclaration d’ouverture et mots de remerciements de Hocine Aït-Ahmed lors de la journée d’études sur la guerre d’indépendance de l’Algérie, des années 1940 à juillet 1962, organisée par la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine (BIDC) de l’Université de Paris Ouest, le 20 mai 2009. »
Evolution de l’appareil judiciaire de l’application de l’injustice à la logique du « dazou m’ahoum » !!
Il n’y va pas de main morte, Djamel Fardjellah, pour dénoncer ce qu’il qualifie franchement de « pratiques autocratiques » du président du RCD, le Dr Saïd Sadi.
Le député de Béjaïa, exclu en janvier dernier des rangs du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) pour « activisme parallèle en violation des statuts et du règlement intérieur du parti », s’est fondu hier dans un communiqué d’une rare virulence à l’endroit de son ancien « protecteur ». Dans une déclaration rendue publique, hier, l’ancien vice-président du RCD et ancien chef du groupe parlementaire, Djamel Fardjellah, brosse un tableau noir de la situation du parti. « Le RCD s’englue chaque jour davantage dans une crise structurelle de fonctionnement démultipliée par un isolement externe en voie d’être une impasse mortelle », plante-t-il d’emblée le décor. Le programme et le discours démocratiques du RCD sont piégés par « une gestion solitaire et arbitraire conduite d’une main de fer au service d’un président inamovible ». Pour sa deuxième sortie en la matière, -Fardjellah avait déjà publié, le 17 février dernier, une première lettre, aussi au vitriol contre le président du parti-, le député décriera, sans ambages, la nouvelle ligne insufflée au RCD. Une ligne « confuse », « incohérente », « illisible » aussi bien pour le collectif militant que pour l’opinion publique.
Les membres du conseil national, dont la réunion est programmée pour le 4 juin prochain, sont, dit-il, « en droit et en devoir de connaître les tenants et les aboutissants des gels et des dégels des activités du parti ». Le 15 janvier dernier, à quelques semaines de l’élection présidentielle, le conseil national du RCD a validé, pour rappel, deux résolutions portant sur le boycott du scrutin et le gel des activités officielles du RCD. La substitution d’un drapeau noir à l’emblème national, action d’éclat par laquelle s’est distingué le RCD pendant ce scrutin, est qualifiée de « dérapage ». Le conseil national se doit, d’après lui, de remettre de l’ordre dans le processus de prise de décision au sein du parti. Pour boucler la boucle, Djamel Fardjellah annonce le déclenchement prochain d’une campagne de « répression interne » ciblant des cadres influents au RCD, sans toutefois les citer nommément. « En ce moment, une imminente purge se met en place avec force calomnies et mensonges (…) contre deux à cinq éminents cadres dirigeants », annonce-t-il. Invité à réagir aux déclarations incendiaires de l’ancien député RCD, Mohcen Belabès, le chargé de la communication au parti, se contentera de réponses évasives. « C’est qui d’abord Djamel Fardjellah ? », nous interroge-t-il, non sans une pointe d’ironie. « Pour nous, il n’existe pas. Il est donc hors de question qu’on réagisse au communiqué de quelqu’un qui a été exclu du parti », précise Mohcen Belabès.
Face à l’ébullition que connaît le front social depuis quelques années, le gouvernement semble dans l’obligation de revoir sa copie et accéder enfin aux revendications des syndicalistes. Hier, le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, est revenu sur la grève des hospitalo-universitaires, le statut particulier des fonctionnaires de la Fonction publique, le régime indemnitaire et les jeunes qui manifestent dans la rue. Ouyahia refuse que, pour des raisons « inconnues », que soient pris en otage les 1 600 000 fonctionnaires exerçant dans les 21 secteurs dont les statuts particuliers ont été finalisés. L’orateur regrette à cet effet que jusqu’à l’heure, 24 secteurs peinent toujours à élaborer un statut particulier, alors que ces derniers devaient être mis au propre il y a de cela deux ans.
« Il n’y aura pas de chantage sur la République, on n’attendra point les statuts qui n’arrivent pas à voir le jour. Nous allons passer immédiatement à la seconde phase qui est la révision du régime indemnitaire, ainsi nous n’aurons pas à pénaliser les fonctionnaires », a soutenu Ouyahia. Pourtant, il y a juste quelques mois, le gouvernement s’y est opposé à cette revendication chère aux syndicats autonomes de la Fonction publique. Toutefois, au passage, Ouyahia n’a pas omis de tirer à boulets rouges sur les hospitalo-universitaires en lançant à leur adresse : « C’est bien beau de revendiquer, mais il faudrait que vous soyez omniprésents dans le secteur public au lieu d’aller chez le privé », a-t-il soutenu. Par ailleurs, et sur un ton menaçant, le chef de l’Exécutif a promis d’appliquer la loi contre les casseurs et tout les manifestants qui optent pour la destruction des bien publics. « en coupant la route et en brûlant une administration et des entreprises publiques, les manifestants pénaliseront des centaines d’autres citoyens qui n’ont commis aucun crime. De ce fait, nous serons sévères avec eux et la loi sera appliquée dans toute sa dimension », menace le chef de l’Exécutif. Ceci amènera Ouyahia à évoquer la question des jeunes, du chômage et de la création d’emplois.
S’agissant de ce dernier point, le Premier ministre a rappelé que dans le cadre du dispositif de soutien à l’intégration professionnelle, il y a eu la création de 300 000 emplois, depuis juin 2008 à mai 2009, au profit des jeunes, ce qui signifie, a-t-il dit en réponse aux députés qui l’ont interpellé, que l’annonce faite au sujet de la capacité de ce dispositif à recruter 400 000 personnes par an n’était pas « exagérée » et largement concrétisable. Ouyahia ne donne pas de plus de détails. Il a passé toutefois en revue les différentes mesures menées par le gouvernement dans la lutte contre le chômage qui a atteint « un taux de 11% » et qui s’aggrave par l’arrivée chaque année de 400 000 jeunes en âge de travailler. En dévalorisant le travail du maçon et du simple ouvrier, M. Ouyahia dit être aspiré à créer des emplois dans des secteurs plus performants. Tout en avouant que la création de 300 000 et 500 000 emplois nouveaux dans la Fonction publique est un enjeu difficile, Ouyahia estime que les mesures mises en place par l’Etat dans le cadre de la création de l’emploi traduisent le souci de l’Etat envers les citoyens, dès les premiers paliers de la scolarité jusqu’au marché du travail.
Le Premier ministre a évoqué, en outre, les mesures de soutien des jeunes à l’effet de les aider à créer leur propre activité telles l’attribution d’une partie du foncier à cette catégorie dans les zones industrielles actuelles et futures et la constitution d’un fonds de soutien à l’investissement des jeunes au niveau de chaque wilaya, une mesure qui entrera en vigueur cette année, outre le Fonds national de garantie dont le montant dépassera cette année les 50 milliards de dinars. En guise de réponse aux questions des députés du PT, quant aux menaces qui pèsent sur la Caisse nationale des retraites, Ouyahia a rassuré cette frange de la population sur la bonne santé de la caisse. « La Caisse nationale des retraites n’est pas en danger et sera prise en charge d’ici jusqu’à 30 ans. La Caisse nationale d’assurance sociale se porte également bien. Le système de sécurité est basé en Algérie sur la solidarité et nous ne sommes pas prêts à rompre cette chaîne », a tenu à rassurer Ouyahia. Par ailleurs, notons que le plan d’action du gouvernement a été adopté hier par les députés. Les partis de l’Alliance, le FNA et les indépendants ont voté pour, le PT et Ennahda se sont abstenus et le RCD a voté contre.
L'Alliance présidentielle en crise
Le projet de l’Alliance présidentielle était construit autour du FLN comme locomotive, avec le RND et le MSP comme force d’appui et de maîtrise du reste du paysage politique. Au fil des conjonctures, il s’avère que c’est plutôt au RND qu’échoit la force de la stabilité de cette Alliance.
D’une crise, l’autre. A peine l’Alliance présidentielle renforcée par le rétablissement annoncé du FLN, que la voilà tenue d’agir suivant la tempête qui souffle sur le MSP. Cela représente tout de même une sérieuse incertitude sur un tiers de ses forces pour le bloc central de la politique nationale, même si l’issue de la crise du MSP n’a rien d’imprévisible. Tout indique ne effet, que le parti que préside Abou Djerra Soltani continuera sur la même ligne politique, même s’il devait pour cela se séparer de la moitié de ses effectifs qui, eux, affichent une détermination sans faille. Ce qui inquiète le plus dans la crise du MSP, c’est autant la dimension qu’elle a prise que sa nature, dans le sens où cela ressemble plutôt à «une lutte de classes» plutôt qu’à une bataille des idées. En effet, quelle différence idéologique et programmatique opposerait le MSP au nouveau «mouvement de la prédication et du changement», créé par l’aile Menasra ? Sans doute peu de choses, à l’exclusion d’une nuance sur la vision de chacun des deux camps sur la voie indiqué par le défunt Cheikh Mahfoud Nahnah. Encore que l’usage d’une telle symbolique pourrait relever de la tactique, visant à retourner la majorité de la base vers soi, plus que cela ne renferme un quelconque contenu. Somme toute, c’est donc une guerre ouverte entre ceux qui profitent de l’envergure du parti qui les a placés dans des postes électifs (au sein de l’APN et des assemblées locaux, APC et APW) et ceux qui en sont privés. Et c’est, naturellement, le président du mouvement que l’on accuse de cette injustice, un président dont on n’a pu obtenir ni des concessions, ni le départ.
Toutefois, si la profondeur morale de la crise est de petite importance, sa gravité est sans doute des plus sérieuses. Quant le président du MSP en vient à quitter son poste de ministre d’Etat, on peut même dire que la crise du MSP est pire, sinon pareille à cella qu’a connue le FLN. De cela, Abou Djerra Soltani s’en défend. Mais la comparaison est là pour nous rappeler qu’au plus haut de la crise du FLN, Abdelaziz Belkhadem a été obligé de démissionner de son poste de ministre des Affaires étrangères, en 2004, pour se consacrer exclusivement à la remise en ordre des affaires internes. Mais rapidement, et puisque la crise n’avait aucun moteur politique, mais tout juste celui d’une guerre sur les avantages, les postes et l’accaparement d’encore plus d’espaces au sein des institutions de l’Etat, son départ du gouvernement s’est vite révélé être une très mauvaise idée. D’ailleurs, c’est en tant que chef du gouvernement qu’il fera son come-back afin de hâter le rétablissement de sa formation divisée entre «redresseurs» et «pro-Benflis». Et ce qui prouve aussi que cette crise n’était purement que lutte d’intérêts, c’est qu’on retrouvera plus tard beaucoup parmi les figures et militant autrefois partisans de Ali Benflis, dans les rangs des supporters de Abdelaziz Bouteflika.
Certes, le FLN n’est plus dans les mêmes déconvenues subies avant, pendant et après l’élection présidentielle de 2004. C’est d’ailleurs avec beaucoup plus de sérénité qu’il s’oriente vers un nouveau congrès afin de formaliser, serait-ce pour la galerie, sa parfaite guérison. Mais il ne doit cela à rien d’autre qu’à la réélection du président Bouteflika, après un retard dans la révision de la Constitution qui a failli réveiller les divisions du FLN, en proie à un doute mortel sur son avenir dans l’après 2009.
Rien de tel pour le MSP. Sinon, comment expliquer que la réélection de M. Bouteflika pour un troisième mandat, au lieu de consacrer la victoire d’une aile sur une autre au sein du MSP, a été suivie d’un pourrissement de la situation politique et organique du parti. La première différence, est que contrairement au FLN, où Ali Benflis (secrétaire général du FLN) s’était opposé à Abdelaziz Bouteflika, qui n’était pas encore le président du FLN, Abdelmadjid Menasra ne se mêle que du MSP et s’attaque d’autant plus à l’aise au président du parti, M. Soltani. Les enjeux internes prenant le dessus sur les aspects nationaux, la crise du MSP ne concentre donc pas l’attention d’autant d’acteurs que ceux qui ont pris part à l’épisode du FLN, aussi bien en son sein qu’en dehors. C’est pourquoi le MSP ne peut sortir indemne de sa crise. Quant au véritable grief retenu par les «Menasristes» contre le président du parti, cela pourrait encore longtemps relever du mystère le plus complet, sauf à considérer qu’au sein de ce parti, il existe encore une aile qui croit en les chances de l’aile islamiste de représenter immédiatement une alternative et qu’elle juge que sa privation de la compétition présidentielle, au contraire d’El Islah de Djahid Younsi, a été une erreur tactique impardonnable.
En tout état de cause, et sans préjuger de l’avenir du «mouvement de la prédication et du changement», qui n’a pas l’air d’être spécialement éligible à l’agrément, on retiendra surtout que le MSP fait un très mauvais départ vers l’échéance 2012, fixée par M. Soltani comme celle de la prise du pouvoir. L’autre constat est que, ni le FLN, ni le MSP, ne sont en mesure de remplier convenablement leur rôle politique au sein de l’Alliance présidentielle. Le premier, au lieu d’être le fer de lance de la campagne pour le troisième mandat de Bouteflika, devait profiter de la mobilisation électorale comme remède complémentaire à sa crise. Le second est dans l’incapacité actuellement de mener un quelconque travail en direction de la société, surtout avec les chantiers politiques ouverts par le président Bouteflika dans le cadre de la poursuite de la réconciliation nationale.
Reste donc le RND, grâce auquel l’Alliance a encore du répondant face à l’opposition. Un parti qui cache, par sa constance et sa solidité, le malaise d’un bloc qui date du temps de Liamine Zeroual.
Le RND qui semble aussi être un parti qui joue ses forces à l’économie et qui semble de plus en plus se construire autour de la figure de son secrétaire général Ahmed Ouyahia. Ainsi, si beaucoup de commentaires ont été faits autour du maintien du gouvernement tel quel, la reconduction de M. Ouyahia au poste de Premier ministre, vu par le RNd comme une marque de confiance, tient, quant à elle, et de beaucoup, de la situation actuelle de l’Alliance présidentielle qui demeure le principal, sinon l’unique, relais du Président au sein des institutions.
Dans un entretien téléphonique HOUARI Kaddour membre du conseil national ffs déclare :
« Le boycott est un droit et une culture politique »
HOUARI Kaddourne compte pas s’arrêter au simple appel au boycott comme le font certains acteurs de l’opposition ( abbas madani et abed el lah djabalah . Interventions sur le terrain et sur toute evenement et enregistrements vidéos, diffusion régulière de communiqués de sensibilisation et lancement de son site internet, tels sont les principales actions que mène le numéro 2 du f.f.s de chlef en dépit des moyens limités dont il dispose contrairement à certaines formations politiques qui bénéficient de plus de moyens (cas r.c.d) ou bien un parti du drs .
Non seulement, HOUARI Kaddour,manque de moyens mais il est surtout soumis à des restrictions draconiennes dont la plus importante est sa privation de ses droits civiques et politiques.
Interrogé, au cours d’un entretien téléphonique, sur cette force qui l’anime pour peser de tout son poids sur la campagne du boycott de la présidentielle, HOUARI Kaddourdu ffs chlef a répondu que « si l’on veut vraiment avoir de l’influence sur l’opinion publique on doit mener un travail de proximité en allant vers le citoyen. Il faut argumenter et convaincre pour contrer l’action du pouvoir qui appelle à la participation des électeurs à des élections dont l’issue est déjà connue d’avance et tu peut voir ce qu il fait secretaire general karim tabou et son equipe malgre le systeme veu casser le parti tout le moyen par exemple la federation de chlef ( le chef de drs il ramener un ancien militant du ffs de chlef pour lui faire un communiquer de demission les membres de la federation de chlef ,et plus grave avec la complicite d un depute du fln s appel beney ahmed et avec un appuit du wali de chlef .
Il ne faut pas se limiter à appeler au boycott ou à publier un communiqué et rester en retrait de la scène politique. » Et HOUARI Kaddour d’ajouter « le boycott est un droit et une culture politique qui ne peut s’acquérir que par la pratique. Il faut expliquer au citoyen pourquoi appelle-t-on au boycott et quel sera l’effet de ce boycott sur la société. Dans toutes les démocraties modernes, les tenants du boycott disposent des mêmes moyens et du même cadre d’expression que les tenants de la participation et le dernier mot revient au peuple. »
Lorsqu’on constate que des partis politiques agréés et autorisés à activer ne disposent même pas de journaux et ne se donnent même pas la peine d’actualiser leurs sites internet (quand ils en ont) on ne peut pas dire qu’ils auront contribué à inculquer la culture du boycott chez un peuple soumis au matraquage d’une propagande mensongère véhiculée par les médias lourds totalement acquis au pouvoir bien que financés par des contribuables qui brilleront, malgré tout, par leur absence le jour du scrutin comme cela était le cas lors des dernières élections législatives .
Sans aller jusqu'à désespérer définitivement, les Algériens qui ont échappé à l'œuvre d'abêtissement collective contiennent mal leur révolte face à l'acharnement mis à mépriser, à humilier et à avilir leurs compatriotes, par des dirigeants qu'ils n'ont jamais librement choisis au demeurant.
Au-delà des mascarades électorales et autres accaparements à tour de bras des richesses collectives, l'école gravement sinistrée et la Justice prise en otage par des dirigeants en mal d'identité, sont les symboles les plus parlants de la faillite du système au pouvoir. Est-ce un hasard si le système éducatif et la Justice sont précisément les deux secteurs soumis à une arabisation irréfléchie, menée tambour battant, sans autre forme de planification qu'idéologique ?
La dernière loi portant arabisation totale de la Justice est venue parachever une démarche non pas aveugle mais franchement sectaire, dont on ne mesurera jamais assez les dégâts. C'est la porte ouverte à la généralisation d'une justice à plusieurs vitesses, excluant les plus vulnérables et favorisant les plus riches et les plus puissants. Déjà que l'inégalité devant la justice était une réalité, elle prendra désormais les contours d'une règle, comme le prédisent beaucoup d'avocats et même certains magistrats.
Il y va de l'Education comme de la Justice. Les enfants du peuple sont parqués dans des établissements surpeuplés où ils subissent des programmes dignes des périodes médiévales les plus obscures, tandis que ceux des dirigeants, chantres de l'arabisation totale et immédiate, fréquentent les universités occidentales les plus prestigieuses et se préparent à succéder à leurs dignes géniteurs. Pendant ce temps, en bas, tout en bas, arabophones et francophones se livrent des combats à mort sous l'œil amusé de César et des Patriciens des temps modernes.
Dans un pays où les plus humbles ont payé le prix le plus élevé pour sa libération, la première des justices est l'égalité devant l'instruction et l'accès au savoir. Ce droit a été non pas ignoré, mais perverti. Si le savoir ne s'accommode pas de la frontière des langues, la Justice ne choisit pas son mode d'écriture. Par contre l'injustice, elle, s'écrit toujours de haut en bas